LES COUSSINS

En empruntant au tapissier l’A.B.C. de son métier, notre but ici est de vous permettre d’acquérir des connaissances pratiques et de vous aider à transformer la physionomie de votre intérieur.

Pour vous familiariser et exercer votre habileté, commençons par le montage des coussins. En terme de métier, ces derniers sont appelés « garnitures mobiles », pour les différencier des garnitures dites « fixes », attenantes aux sièges et clouées, que nous étudierons plus loin.

Quelles sont les qualités exigées par un bon coussin?

La solidité Une garniture mobile doit résister aux pressions, aux mouvements brusques et aux positions des occupants; les tissus de recouvrement (qui ne devront pas garder la poussière), les matières de rembourrage devront être solidement fixés, il est bon également de prévoir une garniture ferme qui évitera au coussin une déformation rapide.

Le confort : Il reste fonction de la souplesse. Un coussin a pour but de rendre un siège confortable en adoucissant le contact d’une forme un peu rude. Le matériau de rembourrage devra donc être choisi avec soin : léger, souple, élastique, assurant un confort permanent.

L’esthétique : Laissez à la couleur, au dessin des étoffes de couverture leur intérêt visuel. Rappelez‑vous les coussins chargés de passementeries, glands et pompons, au début de ce siècle. Le passepoil, la cordelière doivent souligner discrètement la garniture.

Quant à l’exécution, soyez méticuleuse. Une finition impeccable donne tout son cachet à un coussin.

Composition d’un coussin.

Matières de rembourrage.

Origine animale et végétale.

Plume : légère, sèche et chaude. C’est surtout le duvet vendu nettoyé, étuvé, que l’on utilise pour la confection des oreillers et des traversins.

  • Kapok : bourre fibreuse tirée de l’arbre géant, le kapokier.
  • C’est une matière bon marché, n’a qu’un défaut à l’usage elle se tasse et se roule en boule.
  • Crin animal : provient de la crinière et de la queue des chevaux; il est d’un prix élevé.
  • Crin végétal : fibres des feuilles d’un palmier nain; il est vendu cordé ou natté. Matière solide, ferme, résistant aux déformations, est remplacé souvent maintenant par le Rubercrin, mélange de crin et de gomme qui est indéformable et possède la souplesse du caoutchouc.

Autres origines.

Les agglomérés à base de caoutchouc : supports élastiques pratiquement indéformables. Dunlopillo, caoutchouc‑mousse, etc. ‑ Les ressorts : coussins à ressorts. Déformation minime.

Toile d’embourrure : C’est le terme de métier désignant une toile forte (lin ou jute) servant de première enveloppe à la plume ou au kapok.

Les tissus de couverture Ils recouvrent l’enveloppe de toile et restent purement décoratifs. En dresser une liste serait inutile. Vous les connaissez, ce sont les tissus d’ameublement que vous voyez, que vous utilisez constamment. Nous pouvons ici vous indiquer quelques tissus spéciaux qui peuvent entrer dans la confection d’un coussin, le rendant plus personnel et plus original du fait de leur vente limitée.

Toile cirée : tissu de coton, généralement revêtu d’un enduit d’huile de lin et d’ocre jaune, imprimé et verni ensuite. ‑ Moleskine : sorte de toile cirée imitant le cuir.

Tissu suédé étoffe recevant une poussière textile (laine ou coton) rappelant le daim.

A tous ces tissus s’ajoutent ceux comportant des matières plastiques (textiles tissés ou recouverts d’une pellicule synthétique).

Les matériaux de finition.

Les passementeries, les galons : rubans étroits, épais à côtes verticales (repsé) ou inclinées (sergé).

La frange : bande de tissu d’où pendent des fils en forme d’effilés, ou garnie de pompons.

Les ganses de coton pour les passepoils.

Les fils pour les coutures à main et à la machine. En lin de préférence n° 40.

Les fermetures « Eclair », les pressions montées sur galon pour les coussins, oreillers.