Quelle que soit la destination d’une pièce : bureau, salon luxueux, pièce de séjour ou simple mansarde, il y a toujours une possibilité d’installer un « coin confortable ». Il ne suffit pas, bien sûr, d’aménager n’importe quoi n’importe comment, quatre sièges disparates et un guéridon par exemple… Étudiez avec soin la disposition des meubles, l’harmonie des couleurs, la qualité de la lumière. Méfiez vous des contrastes trop violents comme des tons froids ou ternes, restez plutôt dans une gamme assourdie, mais chaude. Prévoyez une table basse, ou un petit meuble d’appui, qui vous permettra d’avoir toujours à portée de la main le livre du moment ou la revue du jour, la boîte de cigarettes et le cendrier. Évitez un éclairage trop cru, fatigant pour les yeux. Le lampadaire, ou la haute lampe seront coiffés d’un abat jour de couleur, mais assez translucide pour diffuser le maximum de lumière. Quelques bibelots choisis avec goût ajouteront une note personnelle qui rendra plus accueillant encore ce coin réservé à l’intimité et au repos.

Un angle, une petite fenêtre ou une large baie, une cheminée offrent, en général, de multiples ressources pour l’aménagement d’un « coin confortable ». Voyez ci contre, ce coin de salon devant une large baie incurvée, on a placé un canapé qui suit la même courbe; une bergère moderne lui fait face et sa forme mouvementée rompt l’ordonnance régulière des lignes de l’ensemble. Une table basse, recouverte d’une glace, supporte les petits accessoires du confort. Un lampadaire, simple tige métallique surmontée d’un abat jour de tissu, offre une lumière agréable. Le fond neutre des murs blancs et de la moquette gris perle est relevé par le canapé vert et le satin violet de la bergère.

La cheminée est un excellent prétexte à l’aménagement d’un coin confortable; se grouper autour du feu est une vieille coutume toujours vivace en bien des pays… Les Anglo Saxons, notamment, qui doivent réagir contre un climat froid et humide, ont un sens très vif du confort dans l’intimité. C’est d’eux que nous vient la mode de ces canapés rembourrés, profonds, encadrant une cheminée ou lui faisant face, de manière à profiter au maximum de la chaleur du foyer.

Deux canapés recouverts d’une housse pékinée jaune et blanc sont disposés face à face de chaque côté d’une cheminée classique en marbre blanc. L’effet symétrique est accusé par les tables à deux plateaux placées à l’extrémité des sièges, au niveau des accotoirs. Un tapis de haute laine rehausse encore l’impression de confort crée par cet agencement.

Canapés en équerre : Les canapés pourvus d’un seul accotoir peuvent être placés soit bout à bout, soit en équerre, suivant les dimensions de la pièce.

Un départ d’escalier a permis d’aménager cette banquette d’équerre qui s’incorpore à l’architecture de la pièce : disposition ingénieuse qui meuble un angle mort. Dossier et coussins sont recouverts de cuir: le dessus de la table basse est un damier de miroirs reflétant quelques jolis objets. Un lampadaire moderne ‘éclaire l’ensemble,Les mansardes offrent toujours une architecture irrégulière plans inclinés, murs en saillie, renfoncements dont il peut être amusant de tirer parti. Très souvent, ce qui paraissait une difficulté insurmontable devient prétexte à un effet décoratif imprévu. Ici, l’on a abattu la cloison qui isolait la cage d’escalier, ne conservant qu’un muret auquel s’appuie un grand canapé. Toute la pièce bénéficie maintenant de la lumière que donne la lucarne étroite qui éclaire l’escalier. Au dessous, dans le renfoncement créé par le décrochement d’une cheminée, quelques rayonnages font office de bibliothèque. Le mur incliné est peint d’un ton plus soutenu que l’ensemble de la pièce.

Un coin bibliothèque dans une mansarde. Les rayonnages encastrés dans le mur, ou établis tout autour de la pièce, à hauteur d’appui, encadrent un canapé divan en épais satin de rayonne bleu souligné d’une passementerie blanche.

Deux coins Napoléon III Dans un grand salon, il peut être captivant de créer un décor qui accentue le style de l’ensemble. Rien n’évoque plus le Second Empire que cette banquette à lambrequins, en satin champagne, accompagnée d’une petite table d’ébène à filets do cuivre. La tapisserie des murs, papier peint à décor bleu, est bien dans le goût de l’époque, ainsi que les petites étagères en bois doré, très chantournées.

Un divan d’angle, établi entre deux vitrines, se détache sur un panneau tendu de satin molletonné. Les petits tableaux entièrement exécutés en liège contrastent avec la matière précieuse des porcelaines de Saxe et des jades exposés dans les vitrines qui révèlent le bon goût d’un collectionneur.

Voici l’aménagement d’un coin confortable qui réunit tous les avantages souhaités. Le large canapé est recouvert du même velours de soie dont sont tendues les parois de l’alcôve. Les deux jolis fauteuils Louis XVI lui faisant face encadrant l’indispensable table basse, cette image suggère immédiatement un sentiment de quiète intimité. (Robert Thibier, décorateur.)