C’est un état de fait : le cadre architectural doit s’adapter aujourd’hui au mode de vie intime. L’amenuisement de l’espace vital a nécessité la création de palliatifs divers, dont la pièce unique est le moindre mal. Encore faut il que chaque membre d’une même famille puisse vaquer à ses occupations sans gêner les autres… Le coin du repos doit s’isoler du coin travail, le coin cuisine du coin repas, le coin sommeil parents du coin sommeil enfants, etc. Autant de cas d’espèce qui méritent une étude particulière!
Les cloisons mobiles offrent à ces divers problèmes la solution la plus rationnelle. Plusieurs procédés permettent d’assurer une isolation provisoire, sans nuire à l’unité de la pièce.
Le paravent est un très ancien système de séparation. Destiné d’abord à garantir des courants d’air dans les pièces d’autrefois, immenses et mal chauffées, ou à masquer le coin toilette, il est aujourd’hui le cloisonnement mobile le plus simple. Composé de plusieurs volets articulés par des charnières, exécuté dans des matières très diverses, son rôle est à la fois utilitaire et décoratif. Il est toujours là , au moment voulu et à l’endroit précis… et disparaît totalement quand son usage n’est pas nécessaire.
Celui ci (voir photo page ci contre) permet de fermer complètement l’alcôve profonde d’un salon très XVIIIe siècle. Les feuilles latérales sont fixées de chaque côté a la cloison et s’ouvrent au milieu, comme une porte véritable. L’ensemble est ‘peint de « singeries » dans le goût de l’époque.
Ainsi la cloison paravent, tout en conservant le même aspect que le paravent simple, est d’une exécution plus soignée, elle est plus stable et offre une meilleure isolation. Toutefois, n’étant pas mobile, elle ne peut séparer que deux parties déterminées de la pièce.
Les artistes d’Extrême Orient ont interprété le paravent comme une véritable oeuvre d’art. En laque de Chine ou de Coromandel, ces paravents sont célèbres par leur éclat incomparable, la finesse de leur décor, qui en font l’ornement recherché des intérieurs les plus raffinés.
La porte cloison coulissante, ou « accordéon », peut résoudre les problèmes les plus épineux en matière d’isolation.
Elle se compose d’une armature en acier, recouverte, sur ses deux faces, d’un tissu plastique très résistant. Mais, là o la décoration intérieure l’exige, rien n’empêche de recouvrir ce plastique d’une étoffe assortie aux tentures de la pièce.
Elle permet d’obtenir une séparation absolument hermétique un seul geste suffit à l’ouvrir complètement.
Aucune difficulté de pose ou de manipulation : elle glisse sur un rail fixé sous le plafond et ne nécessite aucun guidage au sol.
Elle épouse toutes les formes, suivant la courbe du rail.
Voici un exemple heureux de paravent cloison, véritable mur pliant. Il s’agit de ménager un passage dans un living room qui commande la cuisine et l’entrée afin d’isoler la maîtresse de maison et ses invités du personnel vaquant à ses occupations. Composé de quatre feuilles de chaque côté et solidement maintenu aux murs qui se font face par de fortes charnières, ce paravent se plie aisément lorsque son usage n’est plus nécessaire. Il est exécuté en bois recouvert de papier peint panoramique. Vous pouvez également utiliser un cadre qui peut être habillé de tissu ou plaqué de bois rigide (contre plaqué, liège, Isorel, etc.). Si vous appartenez à la catégorie des peintres du dimanche, peignez vous même chaque volet.
Il en existe de très beaux en cuir de Cordoue à dessins de palmes et de fleurs rehaussés d’or; d’autres en laque de la Chine représentant des personnages, des volatiles dans un paysage sur fond noir ou rouge, comptent parmi les plus beaux; non moins rares sont les paravents illustrés de fêtes galantes, dus parfois au pinceau de grands peintres des XVII et XVIII siècles.
Voici (à droite) un exemple de paravent orné d’une toile peinte à décor de personnages dans le goût de la Restauration.
D’un genre très différent (bas de page), ce paravent à cadres d’acajou et cannages en plein s’harmonise parfaitement avec un mobilier anglais (Périnet, décorateur).
Notez combien ce bel ensemble de meubles anciens se trouve mis en valeur par le haut paravent illustré d’une toile peinte en trompe l’oeil dans le goût italien. Il représente un immense palais, accompagné de constructions annexes surmontées de clochetons, puis de larges escaliers à balustrades donnent accès aux jardins.
La cloison est ici un élément qui a son intérêt propre et s’adapte parfaitement à l’harmonie générale. Moitié meuble et moitié cloison, cette amorce de séparation est une heureuse association du bois et du verre. Dans une vaste pièce de séjour, elle délimite un îlot de tranquillité, pour lire et travailler hors du circuit des allées et venues fatigantes.
Établi sur le même principe, ce petit coin repos (photo ci contre) baigne dans une lumière chaude, légèrement dorée obtenue par la coloration des dalles de verre (Nevada) et des murs teintés en « champagne ».
Cette ambiance fondue est relevée par les tablettes d’opaline noire qui font un contraste Près moderne.
- toutes les utilisations du verre employé comme matériau, et incorporé à la construction. Voici encore deux exemples de réalisations où le verre joue un dans le goût allemand du XVIe.
- rôle décoratif et utilitaire, et permet d’isoler, dans une vaste salle de séjour, un coin détente, sans nuire à l’unité de la pièce.