Les conditions de la vie moderne ont amené les décorateurs à rechercher sans cesse de nouveaux avantages pratiques pour les meubles ou les objets qu’ils créaient.La grande armoire ancienne ne se concevait plus dans nos appartements exigus et d’ailleurs les pièces de nos appartements ne répondent plus aux mêmes destinations que celles des vieilles demeures; c’était d’autres meubles qu’il fallait inventer. Notre living room, ce salon bureau salle à manger, et parfois même chambre à coucher, réclamait ce meuble hybride qui peut être tout à la fois bar, étagère, bibliothèque, secrétaire, vaisselier et armoire à linge.

Il nous fallait pour gagner de la place la porte qui coulisse, le tiroir qui bascule et tous les meubles qui se replient, se superposent ou s’empilent.

Mais le progrès du confort moderne n’est pas sensible seulement dans les formes. L’évolution de la technique a permis aux décorateurs de réaliser un progrès parallèle sur le plan pratique dans le choix des matières qu’ils ont employées. La maîtresse de maison qui est de moins en moins secondée dans ses travaux ménagers, ne pouvait manquer d’être séduite par la facilité d’entretien que présentaient ces matières.

C’est ainsi notamment que la matière plastique et le verre ont pris une place de plus en plus large dans notre demeure moderne. Mais c’est peut être encore dans les cuisines que l’on mesure le mieux l’extraordinaire progrès de la technique des matériaux. Qu’il s’agisse du sol, des murs ou des meubles eux mêmes, toutes les matières y sont choisies pour répondre parfaitement à leur utilisation. Tout y est pratique et conçu pour un travail facile dans un cadre lumineux.

LE VERRE

Grâce à sa transparence, le verre est le revêtement de protection idéal. Il garantit contre la chaleur et l’humidité préserve de la poussière ou des taches tout en laissant aux objets qu’il recouvre toute leur valeur esthétique.

C’est ainsi que l’unité de couleur et de matière de la porte (photo ci contre) ne se trouve pas rompue par cette discrète plaque de propreté en verre Sécurité, qui ne cache pas la plus petite veine du bois.

Cette transparence du verre convient enfin à notre goût moderne de lumière et d’espace. Utilisé pour une hotte de cuisine, le verre ne risque pas de rapetisser une pièce déjà souvent trop petite, ni de la rendre moins claire. Ajoutons que ses qualités de solidité, de propreté et d’inaltérabilité en font une matière de choix pour la salle de bains comme pour la cuisine.

La tendance générale vers un dépouillement du style décoratif et vers un allégement des formes devait également contribuer à donner au verre une place importante dans nos demeures modernes. Cette table bureau de J. Adnet est un bel exemple de réussite en ce genre. Pratique parce qu’un élément coulissant permet d’en doubler la superficie et que sa forme légèrement courbe facilite le travail, ce bureau reste avant tout une oeuvre pleine de charme et de raffinement. La légèreté des plateaux s’accorde à merveille à la finesse de l’armature de cuivre mat qui les supporte. C’est un meuble sans volume, réel mais irréel, fait de reflets et de lumière fluide.

C’est aussi le verre noir et incolore que J. Adnet a choisi pour cette bibliothèque aux lignes très pures que vous verrez à la page suivante, composée d’éléments superposables.

LES TABLES GIGOGNES

Deux, trois, quatre tables qui ne tiennent pas plus de place qu’une seule : voilà certainement une formule qui ne pouvait manquer de connaître une mode nouvelle à une époque où un si grand nombre de gens sont logés à l’étroit. Séparables et «volantes ». les tables gigognes sont là, partout où l’on en a besoin et apportent, notamment les jours où l’on reçoit, le complément indispensable au mobilier usuel. L’une peut servir de desserte supplémentaire, une autre supporter la lampe destinée à éclairer un coin sombre d’ordinaire, tandis qu’une autre encore, garnie d’un vase de fleurs, ajoute une note décorative dans un espace trop nu. Enfin, se multipliant avec les invités à travers le living room, elles permettent à chacun d’avoir à sa portée le verre de whisky ou le cendrier.

Les décorateurs modernes ont d’ailleurs fort bien compris que les tables gigognes, en raison même de leur utilisation, devaient sentier par leur matière ou par leur forme de nombreuse qualités pratiques.

Cette table roulante est réalisée en tôle perforée de trois couleurs. Elle est tout à fait indiquée dans le jardin de la maison de campagne ou sur la terrasse de l’appartement parisien.

Le problème de la chambre unique pour plusieurs enfants contraint les décorateurs à trouver dans la hauteur la place qui manque au sol. Ainsi sont nés depuis quelques années d’innombrables modèles de lits superposés. Pareils aux tables gigognes, ces lits doubles et parfois triples ne prennent pas plus de place qu’un seul et permettent à plusieurs enfants de partager la même chambre et de s’y sentir « chez eux » dans un domaine qui leur est réservé.

Cette solution présente en outre l’avantage de se prêter à des combinaisons décoratives particulièrement heureuses.

Dans la cuisine.

Utiliser au maximum toute la place disponible, voilà ce qui permet de faire de n’importe quelle cuisine, aussi petite soit elle, une cuisine pratique. L’exiguïté des cuisines modernes est à l’origine du progrès considérable qui a été réalisé sur ce plan.

L’ancienne table entourée de ses chaises et le vaste buffet où s’entassaient matériel et provisions ont fait place à des éléments de rangements qui, s’adaptant le long des murs, représentent un encombrement minimum et laissent libre la partie centrale de la cuisine pour les allées et venues de la ménagère.

Gagner de la place grâce à un classement rationnel, c’est aussi à quoi vise l’agencement intérieur des placards modernes. Il est en effet calculé en tenant compte des formes et des dimensions des objets à ranger, ainsi que de l’utilisation plus ou moins fréquente que l’on en fait. Il faut noter cependant qu’un compartimentage fixé se révèle peu pratique à l’usage et que les placards doivent toujours être munis d’accessoires mobiles pour pouvoir s’adapter plus facilement aux besoins particuliers de chaque individu.

Cette nécessité de gagner toujours plus de place se retrouve enfin jusque dans la forme des objets eux mêmes.

LE CONDITIONNEMENT D’AIR

Qu’est ce qu’un conditionneur d’air ou climatiseur? C’est un appareil destiné à conditionner l’atmosphère d’une pièce. C’est à dire que ce merveilleux appareil filtre l’air vicié que nous respirons dans les villes, secondement qu’il enregistre et corrige le degré d’humidité de la pièce en plus ou en moins. Le confortable chauffage central dont nous ne saurions nous passer, dessèche l’air et le rend débilitant, aussi bien qu’un excès d’humidité est tout aussi néfaste à la santé. Enfin, ce procédé devient un protecteur efficace contre le bruit, car l’on peut vivre tous volets et fenêtre fermés (lesquelles peuvent être équipées de glaces isolantes) sans pour cela être privé de la lumière de l’extérieur et de la vue.

En définitive le climatiseur est un appareil qui aura sa place bientôt dans l’équipement moderne d’une habitation à peu près au même titre que le réfrigérateur.

Il existe trois formes d’installation : l’appareil fixé, destiné à une seule pièce; l’appareil destiné à plusieurs pièces, lequel peut être couplé avec le chauffage central et assurer ainsi la climatisation de tout un immeuble; enfin, dernier né, le climatiseur mobile que l’on peut déplacer d’une pièce à une autre.

LES CACHE RADIATEURS

Il est évident qu’un radiateur est toujours inesthétique. Qu’il soit placé dans l’angle d’une pièce, à côté d’une porte, ou bien dans l’embrasure d’une fenêtre… bref, qu’il soit là ou ailleurs, cet appareil de confort dont nous ne saurions nous passer est toujours laid. Un mobilier ancien a priori, mais même un mobilier moderne, s’accordent mal l’un et l’autre d’un voisinage aussi purement fonctionnel. Que faire? Ne point s’en passer, certes, mais alors il devenait nécessaire de chercher à les camoufler. L’on s’est ingénié alors, à les habiller d’une façon ou d’une autre. Ils ont été dissimulés par des motifs de fer forgé, par un croisillon de cuivre doré dans le goût ancien. Le coffrage peut être complété d’étagères ou même intégré dans un petit meuble. Tout dépend du caractère de la pièce dans laquelle les radiateurs se trouvent placés.

Cette pièce qui est particulièrement raffinée, ne pouvait s’accommoder de la compagnie de l’inesthétique radiateur; celui ci a été encastré dans les parois et dissimulé par un écran tendu du même tissu qui recouvre les murs : établi aux justes mesures il s’emboîte parfaitement.

Notez la découpe de la plinthe (en bas) et le volet mobile (en haut) qui permettent largement à la chaleur de se répandre dans la pièce. (Prudhomme Bene, décorateur.)

LES CUISINES

Il n’est pas besoin de redire ce que chacun sait, que les conditions de la vie actuelle, s’étant modifiées, par voie de conséquence et selon des impératifs nouveaux, il était nécessaire d’aménager en tout premier la cuisine, car dorénavant, la cuisine est une pièce qui compte. En effet, la maîtresse de maison peut y passer beaucoup de temps et même, pour simplifier les choses, y dresser le couvert.

Photo haut de page : un luxe? Non, une nécessité : la hotte aspirante (Sauter).

Ce qui frappe à première vue dans cette cuisine, c’est le décor que présente l’appareillage des placards aux portes de chêne sculptées d’une Belle moulure Louis XV. Le dallage de terre cuite, les poutres apparentes et maints détails en confirment le caractère campagnard. (Robert Thibier, décorateur.)

Les persiennes, les stores.

Être « bien chez soi », ce n’est pas seulement bien fermer ses portes, mais aussi bien fermer ses fenêtres. Le confort exige en effet de se mettre à l’abri de l’indiscrétion des regards, de se protéger contre la chaleur, le froid, le bruit, la lumière trop vive du soleil… et aussi contre les voleurs.

Dans le choix que vous ferez, n’oubliez pas que les volets en bois protègent plus efficacement contre la chaleur et le froid, tandis que les volets en fer offrent plus de résistance à l’effraction et que les volets qui se projettent à l’italienne assurent un meilleur réglage de la lumière que ceux dont les vantaux selles stores vénitiens permettent, grâce à des lames dont on peut varier la disposition, de régler la lumière comme on le désire. C’est une des fermetures les plus légères et les plus élégantes. Les couleurs variées des lames ainsi que des rubans verticaux qui les relient, se prêtent à d’harmonieuses combinaisons. Notez que les stores vénitiens peuvent être utilisés à l’intérieur même de l’appartement où ils forment des légères et charmantes cloisons.

Pour faire d’une terrasse un coin confortable et intime, il y faut ce «toit » de toile qui abrite du soleil et isole des voisins. N’oubliez pas que la couleur des stores ne doit pas être choisie en tenant compte uniquement de l’aspect extérieur de la façade, mais également de la lumière qu’elle diffusera à l’intérieur. A ce point de vue, méfiez vous des bleu vert trop crus, et préférez leur souvent les tons orangés qui répandent à l’intérieur des pièces une lumière rosée très agréable.