Derrière le haut mur de lierre qui cache son jardin de devant aux rues de Londres, Madame Barclay a transformé un rectangle de terre en un jardin de campagne miniature. Un mélange intelligent de plantations formelles et informelles allié à un dallage et à des Å“uvres de pierre met en valeur cet espace relativement petit, duquel émane une atmosphère de romance et d’abondance.

L’entrée est surplombée d’une voûte arquée presque entièrement dissimulée sous le lierre “CÅ“ur doré”. Une seconde arche au tracé plus visible, sur laquelle croît un rosier échevelé, conduit de l’allée principale au parterre central qui constitue le centre d’intérêt du jardin. A cet endroit, une double bordure de buis et une Lonicera nitida “L’or de Baggesen” se rencontrent en différentes spirales de buis taillé. La structure ordonnée de ce parterre de buissons sculptés, solide bien qu’un peu fantasque, tempère la profusion verte des bordures voisinantes.

On remarque tout autour du jardin des plate bandes sur lesquelles grandit une grande variété d’arbustes et de plantes herbacées, afin d’avoir un intérêt annuel et une succession de mélanges délicieux. Les viornes, le choisya, le mahonia, le Daphne odora et le Rhododendron cilpineuse fleurissent tous, ainsi que le Pittosporum tenuifolium “diapré”, l’Euonymus fortunei “diapré”, le Berberis thunbergii “lueur de rose” et le Pyrus salicfolia, qui exhibent par leurs feuilles des contrastes surprenants. Les plantes grimpantes s’élèvent et recouvrent la maison et les murs du jardin, tandis que la clématite et la Ganya elliptica recouvrent respectivement les deux chevaux couchés, gisant sur les deux côtés des marches d’entrée. Un petit bassin est presque entièrement caché dans un coin.

Madame Barclay est convaincue de l’effet que produisent des plantes audacieuses dans un petit espace. Dans le spectre des couleurs, elle aime la combinaison du jaune pâle et du pourpre et le mélange d’un daffodil jaune citron avec une espèce sombre d’ellébore, ainsi qu’un Eiysimum “mauve de Bovules” marié à un Euphorbia characias wulfenii.

Il y a bien sûr des changements selon les saisons: en fonction de l’époque par exemple, le parterre peut être fait, hormis les deux rosiers classiques “Les fées”, de tulipes vertes et blanches, d’un bouquet de gueules de loup blanches, d’un mélange de camomille du XVIème siècle. Des changements radicaux interviennent dès que l’instinct de Madame Barclay lui prédit un déséquilibre. Le jardin de devant et l’arrière cour sont tous deux des espaces compartimentés où la surface d’ensemble doit faire bonne figure toute l’année et Madame Barclay insiste bien pour que chaque plante travaille à conserver son espace vital. Chacune est la contribution désirée au dessin d’ensemble et elles doivent toutes grandir et avoir l’air heureuses. Si l’une d’entre elles échoue dans sa tâche, elle est impitoyablement remplacée.

Madame Barclay exerce la même discrimination, surveillant et ajustant chaque composition dans son second jardin une arrière cour ceinte sur trois des côtés par la maison et sur le quatrième par un haut mur de briques. Il y a une serre sur un côté dont les portes en verre sont souvent laissées ouvertes, ce qui efface par là même la division intérieur extérieur. L’usage des mêmes carreaux pour le dallage de la cour et de la serre accentue cette continuité.

Dans ce petit espace la dimension verticale est pleinement exploitée. Les murs sont recouverts de plantes grimpantes dont des variétés de lierre, une vigne vierge rampante (Parthenocissus quinquefolia) une clématite et des rosiers. Un pêcher en espaliers donne des fruits tous les ans, très haut, là ou l’intensité de la lumière est suffisamment forte. Un faux acacia argenté, (Robinia pseudoacacia) “Frisia” recouvre le mur de briques ce qui ajoute un peu de hauteur. Les seuls lieux de croissance sont quelques étroites plates bandes surélevées, des pots de toutes les tailles et de toutes les formes bien que presque tous en terre cuite -jouant donc un rôle important dans la composition globale.
Parmi les plus petits végétaux, on compte des bégonias, de la balsamine, des fougères, de l’enonymus, des hotas et des ellébores, qui s’accommodent tous de l’ombre.

Les éléments de sculpture ont été soigneusement disposés: bustes et statues, plaquettes et masques sont les centres d’intérêt et complètent chaque composition végétale en peuplant la verdure d’objets à contempler, selon une tradition bien classique. Ils sont placés toutefois de façon à paraître spirituels plutôt que pompeux.

On a subtilement utilisé un trompe l’Å“il de treilles et d’ miroirs sur les murs extérieurs pour ajouter une autre dimension à cet espace étriqué; et on a également placé avec précaution des miroirs dans les pièces du rez de chaussé afin de réfléchir les perspectives sur le jardin et de le faire ainsi pénétrer dans la maison.