Le paysagiste Thomas Church, aux idées novatrices et influentes a conçu pour sa propre maison de San Francisco un jardin qui révèle un sens aigu des échelles et des proportions, l’esprit et l’adresse propres à cette Å“uvre. Le jardin est double en fait: une entrée imposante sur la façade de la maison et une cour latérale plus intime. Chaque atmosphère est différente, mais elles ont en commun un sens de l’intimité et de la quiétude.

Le jardin de l’entrée, caché de la rue par une haie élevée et des platanes (Platanus occidentalis) étêtés, dégage un climat presque oriental. Il y a sur un des côtés un petit patio semé de gravier, dont l’austérité est tempérée par la luxuriance des plantes qui l’entourent. De l’autre, une allée sinueuse mène à un escalier imposant et gracieux divisé en deux, s’élevant des deux côtés autour d’une arche couverte de lierre qui donne accès au jardin privatif. Sur les marches, de hauts arbustes taillés en forme de parapluie s’élèvent tels des sculptures fantastiques et révèlent l’adresse de Thomas Church dans la sculpture des buissons, ainsi que son invention dans le tracé. Dans ce jardin, l’accent est mis sur ces plantes aux formes et aux feuillages spectaculaires pieris, bouquets de fougères, azalées, aspidistras. Des plantes telles que clivias et agapanthus donnent des accents de couleurs claires.

Dans la petite cour, le climat est méditerranéen. Thomas Church s’est beaucoup intéressé aux ressemblances qu’il percevait entre les conditions de jardinage qu’offrent le monde méditerranéen et la Californie en particulier le fait que dans es deux cas le climat se prête à une vie extérieure détendue. Le jardin est un lieu frais et plaisant pour se reposer et la partie occupée par une mignonne table blanche et des chaises est aussi adaptée au dessin d’ensemble que la petite réserve de plantes.

L’organisation elle même est simple: à la base, une petite cour rectangulaire couverte de gravier. La partie centrale qui est aussi l’élément qui imprime au jardin une forte structure, est un parterre de buis aux formes abstraites exhibant ses lignes droites et incurvées. Il s’en élève de grands rosiers et il y a encore plus de roses dans les plates bandes qui bordent un des côtés du jardin. De l’autre côté, aux extrémités, on peut voir des parterres surélevés avec de larges bords en bois supportant des pots il y a en effet des pots partout: assemblés sur le sol, sur les corniches, sur les piédestaux et autres édicules décoratifs, sur les marches et les rebords. Dans les pots et les bordures, les pâles Primula malacoïdes et les jonquilles à petite corolle introduisent de discrètes couleurs printanières; en été leur succèdent des géraniums roses et blancs. Là, comme dans le jardin de façade, les éléments d’architecture sont importants et placés avec minutie: des colonnes décoratives et des balustrades apportent leur contribution au cadre et des statues surgissent du feuillage environnant.