Lorsqu’en 1974, Lucy Gent et son mari Malcom Turner, se sont installés dans leur maison du XVIII ème siècle à Londres, l’espace derrière la maison n’était guère qu’une cour obscure et abandonnée. Elle l’a transformé en un jardin d’une plénitude et d’un charme nostalgique hors du commun, un véritable paradis pour amoureux des plantes.

Ce jardin fait 40 mètres de long et seulement 5 mètres de large. De hauts murs, élevés à l’origine pour préserver l’intimité, assombrissent le lieu et le rendent toujours plus étroit. Et qui plus est, le jardin a également deux gros arbres: un if imposant, et un vieux pyracantha noueux. Un jardinier plus irréfléchi aurait pu essayer de couper les arbres pour laisser entrer la lumière, mais Lucy Gent a su reconnaître leur inestimable valeur en tant que centres d’intérêt pour le jardin et elle les a intégrés à ses projets.

En dépit de l’extrême simplicité du dessin du jardin, l’abondance des plantations assure une continuelle distraction du regard et celui ci ne prête guère attention à l’espace long et encaissé. L’allée principale se trouve au centre, afin de faire bénéficier Les fleurs du maximum d’ensoleillement. Les parterres, de chaque côté, sont submergés de plantes. Pour parvenir à une impression d’extraordinaire luxuriance, Lucy Gent, reconnaissant que la gelée et l’ombre porteraient préjudice à ses choix les plus chers, a décidé au départ de “sur planter”. De temps à autre, bien sûr, elle se voit obligée de déplacer un arbuste trop exubérant, mais en général avec une taille judicieuse, elle équilibre cette abondance.

On a tiré parti de tout l’espace disponible. Les murs mitoyens, hauts et longs, ont non seulement été surélevés de treillage, mais également habillés de plantes grimpantes. Le charmant Schizophragma integrifolium se distingue tout à fait parmi les arbrisseaux du mur sombre: plante grimpante adaptée aux conditions ombragées, il produit quantité de larges et blanches inflorescences pendant sa longue floraison. Sur le mur d’en face un peu plus ensoleillé, roses et clématites s’accordent pour offrir une succession de fleurs. La Clematis armandii, avec sa profusion d’odorantes fleurs blanches, est la première de toutes. Lorsque ses pétales se fanent, les premiers bourgeons de Clematis “Jackmanii Alba” commencent à s’ouvrir. En juin, la jolie rose ancienne “Madame Alfred Carrière” prend la suite et, grâce à un renouvellement régulier, elle continue à donner ses fleurs blanches parfumées tout l’été.

Les plantes du dessous sont composées d’un mélange d’arbustes et de végétation vivaces, qui ont tendance à se rassembler pour assurer des jeux de couleurs et de foi de feuilles; ainsi se construisent le contraste et la variété une tapisserie d’entrelacements de feuilles qui court le du jardin. Un ensemble, par exemple, exhibe le Corokic gata à petites feuilles, les pivoines avec leurs larges fet ciselées, et le Rubus Tridel “Benenden”, arbuste dont le sous des feuilles est blanc et feutré. Les bordures des a sont soulignées de plantes de tailles variées: tour à tour plantes basses couvrant le sol comme les hostas et les niums, ou bien la fougère d’autruche (Matteuccia strut tens), un peu plus grande, ou encore la Daphne odora parfumée.

Disposé environ à un tiers du jardin, un banc au sole une invitation au repos et à la contemplation. La position choisie pour profiter au mieux de la vue d’un vieux p dans un jardin voisin. On a groupé, autour de ce banc plantes qui fleurissent plus tôt que les autres, de telle qu’au printemps il soit entouré des feuilles marbrées e fleurs vert rose de l’Helleborus sternii, ainsi que de o neigeuses, de l’Amelanchier canadensis et des cari blancs.

Un autre siège se trouve au bout du jardin, pour avoir vue d’ensemble de la maison. En tournant autour, le vateur découvre le jardin sous un autre angle et, après brève pause, aura certainement envie d’explorer plus avant.