On n’associe généralement pas Paris à des jardins privatifs, et c’est toujours une surprise et un plaisir de découvrir une oasis de végétation cachée derrière lune de ces grandes façades qui bordent les mes et les avenues. C’est justement parce que l’entrée est si peu engageante que ce jardin étroit apparait d’autant plus délicieux: ce n’est qu’après un long et sombre couloir que le visiteur émerge à la lumière et est accueilli par une verdure exubérante de bambous, d’angélique japonaise (Aralia elata), d’un bouquet de tabac japonais (Reynanttia japonica) sur un fond de plantes grimpantes comprenant du lierre (Hedera helix), de la vigne vierge (Partheno cissus quinquefolia) et de la vigne glorieuse (Vitis colgnetiae).

C’est le havre de paix du jardinier paysagiste Camille Muller qui a transformé une arrière cour humide et sombre en un luxuriant jardin. Elle le contemple et le surveille de son appartement situé à l’arrière d’un vieux bâtiment à la lisière d’un des plus vieux quartiers de Paris, le Marais, le long du boulevard Saint Antoine. Le jardin est clos de trois côtés et les bas niveaux d’éclairage limitent le choix des plantes à celles qui supportent le mieux l’ombre. Mais Camille Muller a été si adroite lors de son choix qu’il y a toute l’année une variété de feuillage très intéressante. Durant l’été, quelques pots de balsamine et de géranium ajoutent des touches de couleur au niveau du sol.

Mais il y a une autre surprise: en levant les yeux on découvre sur chaque surface plane du toit de longs bacs remplis d’annuelles et de plantes fragiles. Les plantes grimpantes plantées dans la cour étirent leurs tiges jusqu’au toit pour trouver la lumière et relient ainsi les deux niveaux en créant un seul jardin vertical. L’effet est étonnant et vaut bien l’effort considérable requis pour atteindre le jardin de toit à travers l’une des fenêtres de l’appartement.