Un autre chalet, excellent exemple d’une maison de neige dont on a très heureusement conservé l’extérieur typiquement montagnard, mais dont l’intérieur est doté de tous les éléments du confort moderne.

La construction est, à la base, en maçonnerie de pierre du pays de O m 50 d’épaisseur. L’étage est en sapin brut : les planches jointives sont liées par des couvre joints en dosses de sapins.

Leur inclinaison donne, grâce au porte à faux, une protection supplémentaire contre la neige qui ne peut ainsi que difficilement s’accrocher au mur.

Le toit est couvert de louzes (ardoises du pays).

L’expérience ancestrale des montagnards leur a montré les avantages de cette couverture : elle garde la neige, constitue un excellent isolant aussi bien contre le froid que contre la chaleur et résiste magnifiquement aux tempêtes du fait de son poids de 60 à 80 kilos au mètre carré.

Le toit dépasse évidemment le mur de façade, constituant un auvent surplombant entièrement te balcon du premier étage et partiellement ta large terrasse du rez de chaussée surélevé qui, à son tour, protège l’entrée du sous sol. L’accès de la maison est ainsi toujours facile, même après une abondante chute de neige.

Sur le plan incliné du toit recouvert de louzes, une longue poutre est placée pour opposer une défense supplémentaire contre les glissements de la ‘neige accumulée, Les chambres aux plafonds de bois verni ont été traitées dans le style sobre qui convient.

Les lits superposés sont très indiqués pour les enfants de la maison ou de jeunes invités. La chambre des parents a deux lits de bois et paille. Dans toute la maison. l’uni domine pour les tissus, mais, pour les rideaux, il est rehaussé d’un motif différent chaque fois.

Dans une autre chambre, on remarquera la rambarde en bois découpé et la longue table encastrée sous laquelle est dissimulé le radiateur.

La salle de bains, longue et étroite, a pu être réalisée grâce aux nouvelles baignoires courtes intermédiaires entre la baignoire longue et la baignoire sabot.

La neige, qui est le grand agrément de la saison d’hiver lorsqu’on est en plein air, est indésirable à l’intérieur des maisons. C’est pourquoi l’entrée du sous sol de ce chalet a été spécialement et habilement aménagée. Le seuil est protégé par la terrasse.

Deux portes successives ménagent une sorte de « sas », petite pièce faisant office de tambour d’entrée où l’on peut secouer et retirer les vêtements, dont la neige qui la saupoudre fondrait dans le living room ou dans les chambres.

Le chauffage est assuré par une gaine à air chaud située au plafond.

La pièce à skis est accessible du tambour d’entrée. On y dépose les « lattes » au râtelier et une rigole ménagée dans le sol permet à l’eau de fonte d’être évacuée sans stagner et sans humidifier la base des skis.

JARDINS A PARIS

Paris était jadis, dans ses quartiers résidentiels, la ville des hôtels particuliers entre cour et jardin. Les gens qui avaient la chance d’y habiter pouvaient y goûter tranquillement la douceur de vivre.

Dès le milieu du XIX siècle, ces vieilles demeures virent se dresser près d’elles la menace de ces habitations collectives dont le nom même semble exclure toute joie de vivre les immeubles de rapport. Enserrées entre de hautes murailles sans grâce, privées de soleil, elles semblaient écrasées et menacées d’asphyxie.

De nos jours, nous assistons à l’offensive victorieuse du building. Les belles pelouses vertes et reposantes ne sont plus maintenant que des mètres carrés de surface corrigée, les arbres tombent sous la hache et les façades sous la pioche des démolisseurs.
Est ce à dire qu’il n’y a plus de jardins à Paris? Certes non, Il en existe encore dans le « village d’Auteuil », le faubourg Saint Germain, les Champs-Elysées. et quelques autres coins privilégiés de la capitale. Partout ailleurs on tire parti du plus minime espace où l’on peut planter et que l’on peut fleurir. Certains petits jardins « borde rue » attendriraient le coeur d’un horticulteur japonais par leur lilliputienne et minutieuse ordonnance. Les balcons semblent appartenir à d’innombrables Mimi Pinson et, chassés du sol, les jardins parisiens ont émigré sur les terrasses et sur les toits.

Plantes grimpantes adoucissant de leurs volutes la percée géométrique des fenêtres, caisses fleuries s’insinuant dans l’étroitesse d’un balcon, pelouses artificielles et arbustes taillés des terrasses, permettent à de nombreux Parisiens d’apporter un peu de vie, de naturel dans l’artificiel des pierres de taille ou du béton armé.

Et après une journée fatigante de travail, un jardin, si petit soit il, fût il au dixième étage d’un building, repose, détend.

Les meubles de jardins modernes allient la fantaisie au confort.

Ils doivent être d’une matière qui résiste aux intempéries et, si le bois est toujours en faveur, les sièges en matière plastique (que celle ci soit employée en véritable matériau ou en simple placage) gagnent chaque jour du terrain.

Les chaises, les fauteuils sont maintenant, pour la plupart, superposables ou juxtaposables, ce qui facilite grandement leur rangement lorsqu’ils ne sont pas utilisés. Une douzaine de chaises, lorsqu’elles sont imbriquées les unes dans les autres, n’encombrent en effet que la surface d’un seul siège, ce qui est tout à fait pratique, soit qu’on veuille les ranger à l’intérieur de l’appartement, soit qu’on préfère les laisser dans un coin de la terrasse.

Ces chaises au piétement de métal ont un dossier souple très agréable. Les coussins ronds sont en caoutchouc mousse et d’une couleur qui contraste avec le décor sobrement conçu.

Ces petites tables triangulaires de couleurs différentes sont la solution moderne des tables gigognes. Elles permettent toutes les combinaisons possibles, qu’elles soient séparées ou rassemblées en une grande table basse.

Une terrasse n’a pas besoin d’être immense pour permettre des effets plaisants. Un meuble baroque vénitien, une caisse de fleurs multicolores, un parquet « caillebotis ». un store orange, et voilà une réussite.

A votre goût (photo ci dessous), si vous aimez vous balancer doucement en rêvant, choisissez ce ravissant modèle bien abrité sous sa tente.

Si vous aimez vous allonger en lisant ou vous reposant, choisissez cette chaise longue que vous déplacez au gré de votre fantaisie.

Les stores et tes tentes sont un des problèmes qui doit retenir l’attention, lorsqu’on veut aménager un balcon ou une terrasse. Les murs, toujours proches de la surface où l’on se tient, causent une réverbération importante qui serait, par les chaudes journées d’été, insupportable.

Il faut donc, pour que soit agréable le « plein air citadin » de la terrasse, protéger une bonne partie de celle ci par une épaisse toile de tente. Diverses solutions s’offrent à vous : bandes enroulables placées tout au long de votre balcon, parasols de tables ou de sièges, lattis fleuris coupant les rayons du soleil trop ardent à certaines heures.

Il est donc nécessaire d’étudier les impératifs de l’orientation d’une terrasse avec le même soin que l’architecte étudie l’implantation d’une maison de campagne.

Cette terrasse, située à Saint Germain en Laye, jouit d’une vue exceptionnelle.

Ses meubles en rotin et son canapé suspendu, protégé par un auvent double de toile rouge, orneraient aussi bien n’importe quel large balcon.

Encadré par une paire de colonnes en stuc vous apercevez un jardin… La porte ouvrant sur le balcon a été supprimée; celui ci a été vitré, formant ainsi une petite serre. (Robert Thibier, décorateur.)

C’est dans les anciennes écuries d’une vaste propriété à Neuilly que cette charmante maison et son jardin ont été aménagés. (France Faber, décorateur.)

S’il n’est pas nécessaire qu’une terrasse soit luxueuse pour être agréable, il n’en est pas moins vrai qu’elle permet à ceux qui le peuvent de grandes réussites, mais coûteuses, comme le montreront les derniers exemples qui suivent.

Ci dessus, une terrasse parisienne somptueusement aménagée. Au premier plan, une vasque de pierre recueille la retombée d’un petit jet d’eau; le long du muret, quelques des petits côtés. Le sol est pavé de petites pierres rondes. Une chaise longue roulante, placée ici près d’un buis taillé, invite au repos dans l’ombre que dispensent les arbres placés devant les portes fenêtres et par lesquelles on pénètre de plain pied dans l’appartement.
L’aménagement des terrasses n’est plus seulement à Paris le fait des particuliers. La vente des immeubles en copropriété permet des réalisations communes. C’est ainsi qu’une piscine vient d’être construite sur le toit d’une maison située dans le XVIe arrondissement. Ici, le soleil est toujours le bienvenu. Plus question de stores, d’arbustes donnant de l’ombre. On a posé des matelas en matière plastique sur lesquels il fera bon s’allonger. Sur le grand mur blanc que troue la baie donnant sur l’escalier, des fresques modernes aux couleurs vives.