Le Provençal, en créant sa maison, a obéi à un certain nombre d’impératifs naturels. Le mistral et la tramontane assaillent souvent ses murs; il a dû protéger son habitation en la faisant relativement basse, en la plaçant, s’il le pouvait, au milieu d’arbres ou en la bordant d’une haie de cyprès coupe vent. Les points d’eau sont rares et toujours peu abondants d’où la dispersion des maisons et ce goût des fontaines. Pour lutter contre le soleil brûlant du ciel de Provence, on a construit des maisons avec des pans nombreux, générateurs d’ombre.

Par ailleurs, les troubadours et la poésie courtoise en langue d’oc ont dû donner à ses habitants le goût du beau et de la douceur de vivre : les balcons en fer forgé, les meubles de bois sculptés aux usages bien définis (buffet, crédence, panetière) en témoignent.
Le pays offre les faïences de Moustiers, les tapis de Cogolin, les carreaux de céramique qui donnent des sols si colorés tout cela constitue le décor type de la maison provençale.

Les meubles provençaux doivent à l’imagination de leurs créateurs une certaine exubérance de sculptures. En voici deux des plus typiques : la panetière et le buffet crédence, sur lequel on disposait les plats lors des repas. Des faïences et des étains, placés sur le buffet et sur le mur, deux bonnes chaises rustiques complètent ce panneau.

Tous les objets réunis dans cette pièce évoquent une présence le vieux fauteuil à oreillettes, la fontaine de cuivre, la haute cheminée à tablette garnie de faïences, la belle bassinoire; la poêle à long manche évoque l’odeur de friture à l’ail, les alcarazas sont tout prêts à dispenser l’eau fraîche, les landiers du foyer attendent une belle flambée.