La Côte d’Azur posait un problème particulier aux architectes : il n’y avait pas à proprement parler de maisons d’habitation sur la Riviera avant sa vogue subite au XIX. siècle. Il fallait donc créer de toutes pièces une habitation qui tiendrait compte du climat provençal et aussi de la proximité de la Méditerranée.
Il faut avouer que les premiers essais n’ont guère été couronnés de succès et qu’il est peu de régions où le faux mauresque, le mauvais italien, le tarabiscotage exaspéré aient fait plus de ravage.
Une réaction vers la simplicité s’est heureusement fait sentir assez rapidement, surtout lorsque la Côte d’Azur, jusque là séjour d’hiver, est devenue région de vacances en été. Un style plus sobre nous vaut maintenant des maisons adaptées au climat et à la nature du sol. Basses et cubiques si elles sont près des plages, construites en gradins et terrasses si elles sont situées sur les rochers et les terrains abrupts, elles ne déparent plus, comme leurs devancières, l’un des plus beaux paysages du monde.
Le sol de la terrasse d’entrée est pavé de petites pierres rondes de couleurs différentes disposées en dessins géométriques. On les retrouve dans l’escalier qui monte vers la terrasse de séjour. Sous cette dernière (nous le voyons sur cette page) est aménagée une sorte de cellier, coin de fraîcheur s’ouvrant sur la cour d’arrivée par trois grandes baies circulaires à travers lesquelles on distingue les voûtes d’arêtes aux courbes harmonieuses.
La maison s’étage en trois volumes superposés au milieu des rochers, des cactus et des arbustes épineux. Le toit aux tuiles romaines roses est surmonté de hauts corps de cheminée blancs. Sur la terrasse médiane, protégée par une vaste tente rayée orange et blanc, s’ouvrent les pièces de séjour et de réception.
La terrasse supérieure, que le toit avançant en auvent surplombe à moitié, donne accès aux chambres.
Volets verts, crépi blanc, tuiles orangées s’harmonisent avec le vert des arbres et les rochers rouges qui servent de cadre à la maison.
Un escalier descend directement vers la mer, et voici la plage où, en quelques pas, on peut aller se brunir au soleil.
Le climat idéal de la Côte d’Azur appelle la vie en plein air. Il est agréable de prendre ses repas dans le jardin. Un « barbecue », cuisine extérieure qui nous vient de l’île de la Tortue et de ses flibustiers, a été aménagé ici à la limite des arbres. Le bateau attend d’être poussé vers les flots tout proches.
La luxuriance des plantes de la Côte d’Azur s’accommode mal des jardins trop ordonnés. Mieux vaut laisser, comme les orangers, les plantes grasses et les petits arbustes donner l’impression qu’ils poussent à leur idée. Quelques pierres du pays forment une bordure d’allée nécessaire, mais très discrète.
Quels que soient les agréments du soleil sur la Côte d’Azur, on éprouve parfois le désir de le fuir. C’est pourquoi, dans l’un des coins du jardin, est aménagée cette pièce de repos et d’ombre. La façade en est large ouverte, mais protégée par un pare soleil et des cadres translucides qui peuvent se rabattre ou se relever.
Un peu de feu, une simple flambée est parfois nécessaire à la tombée de la nuit. Le long foyer rectangulaire A droite, dans la même pièce du salon est encastré sans entable la fenêtre, ment dans le mur. Dans l’entrée, un poêle de faïence blanche est surmonté d’un tuyau cannelé de même matière qui se termine par une touffe ornementale de feuillages.