Les « librairies » furent l’apanage des grandes demeures d’autrefois. Ces vastes salles, tapissées de livres aux riches reliures, ne se trouvent plus aujourd’hui que chez quelques privilégiés. Plus modeste, la bibliothèque n’en conserve pas moins une place de choix dans la maison moderne. Cette place n’est, bien souvent, qu’un coin incorporé au salon ou au bureau mais elle joue un rôle important et sa richesse décorative mérite d’être mise en valeur.

Des éléments très divers peuvent constituer le cadre d’une bibliothèque.

Le grand meuble mural, surmonté d’une corniche ou d’un fronton, occupe tantôt un pan de mur, tantôt un angle. Il peut être scindé en deux parties qui encadrent un élément architectural, une cheminée par exemple.

La bibliothèque vitrine, meuble de ligne simple, trouve sa place dans la salle de lecture ou le salon.

Les rayonnages peuvent être encastrés dans les murs, dans les boiseries qui tapissent une pièce, ou construits « en avancée » avec un minimum d’encombrement. Une hauteur de 22 cm est suffisante pour le rangement des livres de format courant.

La bibliothèque à éléments superposables, d’une conception très moderne, se place n’importe où et peut répondre à bien des problèmes.

La pièce choisie pour l’aménagement d’une bibliothèque doit être, avant tout, paisible. Plusieurs dispositifs permettent, suivant le cas, de l’isoler des bruits extérieurs boiseries, tentures, portières, revêtements de fibres synthétiques ou de liège par exemple.

L’éclairage, enfin, doit être étudié avec soin : des sources de lumière dissimulées ou de petits projecteurs mettront en valeur les livres disposés sur les rayonnages.

Indépendamment de cet éclairage d’ambiance, il est nécessaire de prévoir un éclairage localisé pour le coin de lecture, à côté d’un fauteuil, d’un divan, ou sur un coin de table une lampe assez forte adoucie par un abat jour translucide évitera la fatigue des yeux.
Les bibliothèques murales créent des murs vivants, animent de grandes surfaces et suffisent à « habiller » une pièce.

Les livres ont une grande richesse décorative. Une bibliothèque ne doit pas être trop austère, elle doit susciter un climat favorable au repos de l’esprit et à la lecture.

On choisira des coloris clairs et assourdis et on évitera de disperser l’attention sur des bibelots inutiles et encombrants.

Voyez, ci dessus, cette belle pièce claire, aux rayonnages encastrés dans l’épaisseur des murs. La partie inférieure est aménagée en placards dont les portes sont peintes d’un ton vert foncé tranchant sur les murs gris pâle. La moquette qui recouvre le sol, d’un gris plus soutenu, fait valoir l’acajou des meubles Louis Philippe. Le petit escabeau permet d’accéder facilement aux rayons supérieurs.

Si la bibliothèque est en bois foncé, en acajou, par exemple, il est préférable d’éviter, pour les livres, les reliures trop sombres l’équilibre doit se faire par les contrastes agréablement répartis.

L’acajou de cette importante bibliothèque met en valeur les livres clairs qui enlèvent à la pièce toute austérité. Des placards occupant toute la partie inférieure recèlent les livres précieux et les documents; quelques petits tableaux égaient les rayonnages. Le lampadaire coiffé d’un abat jour vert éclaire dans un coin trois sièges Directoire et un guéridon. Les deux fauteuils, au premier plan, sont recouverts de tissu écossais à fond rouge, qui apporte une note gaie et moderne.

Les bibliothèques vitrines : Cette formule convient à un salon classique, aux proportions harmonieuses; elles jouent surtout le rôle d’éléments décoratifs destinés à mettre en valeur quelques belles reliures.

Ici, deux vitrines se font pendant de chaque côté d’une cheminée ancienne. Le fond tapissé de miroirs agrandit la perspective de la pièce et dédouble l’image des objets exposés sur les étagères de verre. Une table bureau, placée devant la cheminée, deux petites bergères placées en vis à vis, soulignent la symétrie de ce décor classique et bien équilibré, auquel un tapis ancien apporte la chaleur de ses colonne une bibliothèque dans le goût du XVIII siècle : les murs dont la destination est de réunir des livres sont classiquement doublés de rayonnages, ceci est la formule la plus simple; mais un corps de bibliothèque, c’est à dire une série d’armoires démunies de battants sur les rayonnages desquelles sont classés les livres, s’inspirant des agencements en faveur aux XVII et XVIII siècles, compose à lui seul un décor parlait. L’exemple ici en offre une image accomplie; ses heureuses dimensions, tout en corrigeant la hauteur du plafond, ont permis de disposer sur l’entablement quelques belles pièces d’anciennes porcelaines de la Chine. Notez l’exemplaire simplicité des moulures et le joli dessin des encadrements au sommet des portes: tandis que les confortables placards inférieurs recèlent les gravures et documents. Une vaste table à piètement de fer forgé, de confortables fauteuils, des fleurs, tout ici est harmonieux et paisible.ris riches et fondus.

Dans une vaste pièce aménagée en salon, les bibliothèques peuvent isoler un coin plus intime, sans détruire l’homogénéité de l’ensemble. Les rayonnages, ici, s’encastrent dans de belles boiseries Louis XVI; deux éléments formant cloisons accentuent la démarcation entre les deux parties de la pièce. Une porte, qui ne pouvait être condamnée, s’intègre à ces rayonnages, dont la continuité est cependant assurée par un décor en trompe l’oeil : des dos de reliures sont appliqués sur les faux rayonnages et la tricherie est absolument invisible pour un oeil non averti. Un bureau Louis XVI marqueté, quelques sièges de style recouverts de cuir fauve et un divan tendu de velours turquoise s’accordent admirablement avec l’ensemble.

Ce bureau a été installé au fond d’une cour, dans un ancien atelier de photographe. La bibliothèque, la table bureau et le panneau du fond ne forment qu’un seul bloc exécuté en pitchpin verni.

Disposé ainsi en équerre, l’ensemble compose un graphisme plaisant qui s’inscrit sur les murs bleu canard; le sol est en carrelage du même ton et les sièges sont en rotin naturel. La pièce est largement éclairée par une verrière et des baies qui occupent tout un côté. Des stores à lamelles tamisent à volonté la lumière.

Tout le monde ne dispose pas d’une pièce à l’usage exclusif de bibliothèque bureau. Mais dans l’appartement le plus exigu ne posséderiez vous qu’une pièce il est nécessaire de vous réserver un coin bien à vous pour travailler ou simplement faire votre correspondance et les comptes de la maison. La table à écrire est le palliatif le plus simple, mais elle n’offre aucun volume de rangement, le tiroir étant insuffisant. Le secrétaire est une meilleure solution : il se loge n’importe où : dans une entrée, une chambre à coucher, un salon, s’intègre à tous les aménagements. Ses tiroirs multiples permettent d’éviter le désordre, l’abattant offre une surface suffisante pour écrire à son aise.

Dans une chambre à coucher, ce secrétaire Louis XV en bois de rose et marqueterie de fleurs, se détache sur un mur tendu de reps gris bleu. Une bergère de même style l’accompagne. La porte qui dissimule une penderie est peinte d’un ton vieil or patiné, ornée de baguettes dorées, et les lourds rideaux qui encadrent la fenêtre sont en satin antique du même ton.