Comment meubler une entrée?
Évitez tout ce qui est lourd, encombrant, et, toutes les fois que cela est possible, préférez les meubles encastrés. Quelques sièges légers, recouverts de tissu peu fragile, une petite table très utile pour déposer sacs, gants et menus objets, suffisent dans la plupart des cas. Le miroir, sous n’importe quelle forme, est indispensable. Petit, il doit être placé à hauteur du visage (soit 1 m 65 du sol environ) pour permettre de vérifier d’un coup d’oeil le mouvement d’une coiffure ou l’aplomb d’un chapeau. Un miroir plus grand, situé à 50 cm du sol, réfléchira entièrement votre image, mais il faut prévoir un certain recul.
Notez ici le départ d’escalier, qui s’inscrit dans l’embrasure d’un très profond placard qu’on a supprimé. Cet escalier relie deux étages et la petite entrée dessert ainsi toutes les pièces de la maison. Deux chaises Napoléon III, une table plateau, un miroir original complètent l’ameublement.
Une entrée, bien aménagée, peut presque servir de petit salon, si elle n’est pas trop passante. Une tenture, une cloison coulissante ou un simple paravent permettent, à volonté, d’isoler complètement un petit coin causerie, ou, au contraire, de prolonger ou d’agrandir la pièce de séjour voisine. Cette possibilité de dédoublement est très appréciable les jours de grande réception.
Voici l’exemple parfait d’une entrée qui marque bien dès l’abord le soin avec lequel tout l’appartement a été aménagé. Le but ici était de créer un cadre en harmonie avec ce bel ensemble de sièges Louis XIII; c’est ainsi que les murs et les encadrements des portes ont été relevés d’une peinture à l’imitation du marbre et que le sol a été dallé de blanc et noir, tout à fait dans le style de l’époque. Le joli petit tapis d’Orient et, au premier plan, le petit meuble de chevet, complètent cet ensemble particulièrement réussi.
Tantôt « plaque tournante »: elle dessert toutes les pièces de la maison, tantôt « épine dorsale »: elle suit l’appartement dans toute sa longueur, véritable galerie obscure et difficile à installer. Le problème, ici, a été résolu avec beaucoup d’habileté.
Une large baie cintrée rompt la monotonie d’une longue enfilade au fond de laquelle on aperçoit un salon et une large fenêtre située dans l’axe. Les murs, d’un gris très clair, tranchent sur le sol recouvert d’une moquette vert foncé. La console Louis XVI en acajou clair est surmontée d’une lanterne ancienne qui éclaire ce coin.
La partie médiane de cette galerie constitue l’entrée proprement dite. Grâce à un décrochement (visible sur le plan) qui donne plus de largeur, il a été possible de placer ce joli secrétaire Empire, encadré de deux fauteuils Louis XVI recouverts de soie tabac. Une petite lampe posée sur un guéridon complète l’impression d’intimité.
L’extrémité est très réduite entre l’avancée d’une cloison et la cage de l’escalier. Elle est suffisante cependant pour loger un fauteuil Directoire et une petite table Restauration. Un abat jour rouge coiffe une lampe en porcelaine blanche.
Accrochée dans le fond, une haute glace Directoire reflète l’enfilade, les lumières diverses et ouvre une fenêtre en ce recoin très sombre.
Le choix du sol: dans un appartement citadin, le sol sera, de préférence, recouvert d’un tapis épais : moquette de laine, bouclette de chèvre, fibre de coco, etc., pour amortir les bruits et donner, dès l’entrée, une impression de confort. Les tapis plastiques, moins chauds, sont d’un entretien facile; le bois traité de résine vinylique est résistant. La carpette est peu recommandée, à moins qu’elle ne soit très lourde; sinon, elle risque de se relever, de glisser et de provoquer des accidents.
Si le vestibule se trouve de plain pied avec l’extérieur, le sol lavable s’impose. Ici la difficulté a été d’habiller cette colonne de soutènement. Admirez, comme la difficulté a été résolue; en modifiant le dessin du plafond afin de justifier la présence de cette poutre qui a été gainée de haut en bas de carreaux de faïence. Notez l’idée ingénieuse de la tablette qui finit par donner corps à l’ensemble.
L’escalier conduit à l’étage, où un couloir dessert toutes les chambres. Très étroit, il est cependant prétexte à une fantaisie décorative. Le plafond cintré est tapissé d’un papier rayé blanc et rouge « Révolution » qui contraste avec les murs gris clair et le sol vert sombre. D’anciennes lampes à pétrole, d’époque 1900, l’éclairent. Une frise à lambrequins souligne le haut des murs. L’ensemble dénote un goût qui allie la fantaisie à la bonne humeur.
Le dénivellement entre deux pièces peut être un prétexte à un effet décoratif très heureux.
Une entrée qui n’est pas de plain pied avec l’appartement offre des inconvénients : elle ne permet pas l’accès direct, facile, aux pièces principales, et présente une certaine irrégularité qui risque d’être nuisible à l’harmonie d’ensemble. Il peut être amusant de tirer parti de ce dénivellement c’est le cas de cette belle pièce aménagée sous les combles. On y accède par une entrée dont les proportions asymétriques créent des angles aigus et recoins. Les murs sont tendus de tissu paille, très lumineux. Un décrochement a permis de loger un placard, surmonté d’une dalle de comblanchien polie comme un marbre. Entre ce placard et la porte palière, un fauteuil, un guéridon et un coussin suffisent à meubler ce très petit vestibule. Quelques marches conduisent au living room, par une large baie encadrée d’une très belle boiserie Régence. Pas de porte, mais une petite rampe à balustres qui protège l’accès abrupt des marches. La boiserie se prolonge en bibliothèque, de part et d’autre d’une cheminée ancienne.
L’entrée inattendue appelle un décor de fantaisie. La dénivellation du sol et les différents plans des plafonds ont engagé le décorateur à recouvrir de papier peint la première partie de cette pièce, ce qui, avec le rideau dissimulant la porte palière, apporte la note de confort recherchée .
Cette entrée couloir a été joliment décorée en recouvrant les murs et le plafond de papier peint à dessin de palmette dans le goût des châles chers à nos grand mères. Le petit lustre à quatre lumières est d’un dessin très heureux.
Si les proportions d’une entrée s’y prêtent et que les panneaux réservés entre les portes offrent une surface suffisante, il peut être intéressant d’établir, sur tout le pourtour, une bibliothèque. Les rayonnages, profonds de 20 à 25 cm (maximum) tiennent peu de place et n’encombrent pas le passage. Les tons variés des reliures égayent les murs, apportant chaleur et intimité à l’ensemble.
Les murs sont laqués blanc pur, ainsi que les bibliothèques dont la partie inférieure est aménagée en placards. Les serrures des portes sont ornées d’un dessin de clous dorés; un tapis persan, un fauteuil Louis XV et une petite table du même style, meublent agréablement cette entrée qui a l’apparence d’un petit salon.
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