La chambre avec un seul petit lit est facile à organiser : sa disposition générale n’est fonction que du confort et des goûts d’une seule personne: elle prend immédiatement un caractère bien défini. Un homme peut y avoir son bureau, une femme sa coiffeuse, si les dimensions de la pièce le permettent. Le petit lit, en général, se place le long du mur, la disposition du lit de milieu étant adoptée surtout pour le grand lit.

Les chambres d’amis.

La chambre d’amis doit être accueillante et témoigner du désir de l’hôtesse de plaire à ses invités, en accordant un soin particulier au cadre où elle les reçoit. Fuyez le style « chambre d’hôtel ». N’en faites pas non plus le dépotoir de tout ce que vous avez mis au rebut. Sans ostentation, avec simplicité, la chambre d’amis est un peu le reflet de votre personnalité elle aidera ceux qui ne font que passer à se sentir bien à leur aise, dans un cadre d’intimité.

Pour une invitée : Simplicité et gaieté caractérisent cette chambre. Les meubles sont laqués orange: un imprimé à fleurs noires sur fond jaune a été utilisé pour la garniture du lit, des sièges et pour les grands rideaux de la baie. Au dessous de cette baie qui occupe tout un mur, se trouve un rayonnage bibliothèque. Une applique en fer noir, à lampes multiples, surmonte le divan.

Pour un invité : Si l’aspect strict du mobilier moderne répond aux exigences d’une chambre d’homme, l’acajou, les meubles anglais, empreints d’une certaine austérité, mais non dénués de confort ni d’élégance, lui conviennent également. L’idée originale, ici, est le choix du lit, en réalité une couchette de bateau, dont le montant porte encore l’estampille « White Bird. Southampton ». A côté, un ancien rafraîchis soir en acajou est transformé en cache pot. Une bibliothèque classique, très XIX siècle, accompagne cet ensemble. Vous apercevez, à gauche, un bureau, meuble indispensable pour un homme qui ne possède pas une pièce aménagée pour son travail.

Le dessus de lit, en velours cerise, s’oppose au tapis de deux tons de vert. Murs gris clair.
L’alcôve n’a pas complètement disparu de la chambre à coucher. Elle fournit le prétexte à de nombreuses combinaisons décoratives ou pratiques. Encadrée de placards, elle offre une solution idéale au problème de rangement. Le fond de l’alcôve est souvent tapissé d’un papier contrastant avec les autres murs, ou peint d’un ton différent, de manière à souligner la différence de plans.

Le contraste, ici, joue sur plusieurs coloris

Murs blancs, moquette rouge, alcôve bleue, meubles noirs. Effet d’opposition qui suscite un cadre original, dont l’audace bien moderne est tempérée par le caractère conventionnel, amusant, ici, des sièges Louis Philippe.

Les solutions originales ne sont pas toujours les moins heureuses. Cette chambre de jeune fille a été aménagée dans un appentis construit le long d’une courette très sombre, éclairé par un vasistas placé au centre du plafond. Vous voyez, ci dessous, le résultat de cette transformation.

Les murs sont tendus d’andrinople rouge vif.

Un rideau de velours vert sombre dissimule, le soir, la lucarne du plafond.

Les plinthes, les portes sont peintes en vert foncé.

Le mobilier ancien, déniché dans le grenier familial, est rajeuni par ce cadre moderne : lit bateau Empire, comme la commode, et fauteuils XIXe siècle en
La chambre de week end.

La chambre où l’on passe deux ou trois jours ne peut être aussi raffinée ni aussi personnelle que celle où l’on vit. En revanche, elle sera nette, gaie, colorée. Supprimez les meubles inutiles, les bibelots nids à poussière : le ménage doit être fait en un tournemain, évitez l’encombrement, les recherches décoratives et compliquées qui sont sans but ici.

Voici un exemple réussi, répondant bien à l’usage qui lui est dévolu. Le lit, le fauteuil sont en chêne naturel ciré, recouverts d’un lainage écossais aux tons vifs. En guise de tables de chevet, deux petites étagères; une applique orientable dispense la lumière au dessus du lit. La table bureau, sur piètement de fer, a un double plateau l’un en chêne, l’autre en verre, chaise en fer et bois. Le sol en carrelage, d’un entretien facile, est réchauffé de carpettes de laine blanche placées de chaque côté du lit. L’ensemble, d’une extrême simplicité, est cependant agréable à vivre.

Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises au cours de ce chapitre, c’est l’âge de l’occupant, ses goûts, ses occupations qui déterminent le caractère d’une chambre à coucher.

Celle ci est aménagée sous les combles, ainsi qu’en témoignent les pans coupés lieu qui, de tout temps, a séduit les adolescents. Le grenier n’est il pas leur domaine? Loin des servitudes et des conventions des étages inférieurs, ils peuvent y exprimer sans contrainte leur personnalité. Une frise de tissu pékiné vert et blanc, découpée en festons, court sous la corniche du plafond, adoucissant les lignes sévères et les coloris contrastés de la pièce. La housse très stricte du lit, les rideaux de la fenêtre sont en grosse toile verte, contrastant avec la moquette rouge du sol; murs gris presque blancs. Les meubles de chêne sont une création moderne mais d’inspiration espagnole, et cette impression est accentuée par la petite niche ornée d’une ferronnerie. Au dessus du divan, fleurets et masque évoquent le sport favori de l’occupant, et nul ne saurait se tromper sur la destination de cette chambre.
La chambre campagnarde.

Les murs sont blanchis à la chaux, égayés de quelques dessins et gravures encadrés.

Le petit lit Directoire en bois peint est simplement recouvert d’une étoffe ancienne, mais le paravent de toile peinte du XVIII siècle lui fait un fond décoratif. Une vieille armoire normande à une seule porte dite « bonnetière » est équipée en partie de rayonnages pour le linge, l’autre partie étant aménagée en penderie. Des panneaux anciens ont été utilisés pour le coffre placé sous la fenêtre basse. Quelques sièges d’époque complètent cette chambre rustique.

La chambre de style colonial américain

L’atmosphère particulière à cette époque, mise à la mode par « Autant en emporte le vent », est évoquée par ce lit typique, dont les montants d’acajou soutiennent un dais incurvé, agrémenté d’un double plissé de mousseline blanche. La garniture du lit, très stricte, est en percale blanche bordée d’une petite frange de passementerie. Remarquez les deux étagères qui servent de tables de chevet et les flambeaux baroques à bougies. Le petit fauteuil, la commode sont en acajou, dans le même style. Tous ces éléments s’harmonisent à un cadre ancien et font, dans une maison de campagne, une chambre très séduisante pour une jeune femme.

Deux petites chambres Louis Philippe.

Le style Louis Philippe, si décrié par les générations précédentes (qui avaient inventé pour les meubles de cette époque l’épithète ésobligeante « louis philippard »), prend aujourd’hui sa revanche. On lui trouve du charme, le caractère essentiellement « honnête » d’un temps heureux. En acajou massif ou plaqué, il est en général d’une solidité qui défie les attaques du temps. Peu d’exemples, en France, de vieilles maisons qui ne possèdent quelques exemplaires de ces meubles, comme le typique lit bateau ou le secrétaire à corniche surmonté d’un marbre.

Voici deux exemples, où l’idée générale, identique, a été de transposer des éléments d’époque dans un cadre moderne.

Ci contre, les murs peints en jaune clair font valoir l’acajou sombre du mobilier. Le dessus de lit, les doubles rideaux des fenêtres sont en percale imprimée de motifs anciens, rouge, vert et blanc. Un velours vert boutonné de blanc recouvre les chaises typiques. Devant la haute croisée, une petite table supporte un vase de fleurs et une lampe coiffée d’un abat jour orangé, comme le chandelier de cuivre placé sur la table de chevet. Sur le sol, tapis d’Orient à fond rouge.

Ci dessous, le décor de la chambre est nettement moderne, avec ses murs gris clair coupés dans le haut par une retombée du plafond, peinte en blanc. Sur le sol, une moquette unie vert foncé, comme les doubles rideaux qui accompagnent la baie. Dans ce cadre contrasté, les meubles d’acajou prennent toute leur valeur. La note chaude, lumineuse, est donnée par le satin damassé jaune qui recouvre le lit Restauration et le fauteuil aux accotoirs en volute. Sur le mur opposé, le classique secrétaire d’acajou. La table bureau, devant la fenêtre, supporte une haute lampe Empire. Tous ces styles apparentés font bon ménage et l’accord se fait surtout par la couleur et le bois employé.

Deux petites chambres romantiques.

Chez un écrivain, à Saint Jean Cap Ferrat, la chambre « Marie Laurencin » : deux toiles du grand peintre illustrent les murs, mais c’est aussi la grâce du décor qui lui vaut ce nom. Le petit lit recouvert de chintz est surmonté d’une moustiquaire de voile blanc, formant baldaquin. Les meubles sont fins, légers. Notez le petit bureau anglais, au dessus un miroir romantique, les deux flambeaux cariatides qui font un décor symétrique, la petite chaise galbée.

Les murs sont blancs, la moquette gris bleu. les rideaux assortis au dessus de lit; les tons fins de l’imprimé répètent les coloris pastels ou vifs des tableaux.

Celle ci a été réalisée pour une jeune femme.

En groupant un ensemble de meubles d’époque Charles X, le décorateur s’est efforcé de créer un cadre plus personnel, plein de fantaisie.

Les murs sont blancs, la moquette gris clair. Mais le chintz à gros bouquets multicolores tranche sur ce fond et sur les meubles en loupe d’orme. Le petit tapis hexagonal reproduit les coloris de l’imprimé noir, rouge, violet et blanc. Sur la table de chevet au plateau de marbre blanc, un amour de porcelaine soutient la lampe et l’abat jour. Chaque détail est choisi avec goût, en fonction du décor plafonnier d’opaline blanche, cage dorée abritant un oiseau au gai plumage… mais empaillé.

Deux mansardes bien aménagées.

La crise du logement a rendu nécessaire l’utilisation de tout espace disponible les combles, les greniers, les chambres réservées jadis au personnel. Si elles ne représentent pas le summum du confort, ces pièces ont du moins l’avantage de 5e prêter aux effets décoratifs : la charpente d’un toit, les murs inclinés d’une mansarde, la forme inusitée d’une fenêtre peuvent être utilisés de manière amusante et servir de prétexte à d’ingénieux agencements. Le résultat est souvent très heureux : en voici deux exemples.

La cloison qui séparait deux petites chambres mansardées a été supprimée et une large voûte réunit maintenant les deux pièces. La charpente du toit a été utilisée avec habileté. Vous voyez ici la chambre à coucher : le lit canné à montants de merisier est surmonté d’un baldaquin à volant en chintz jaune pâle imprimé de fleurs rouges et mauves. Le même chintz a sevi pour les rideaux et le fond, tandis que le dessus de lit, le traversin et les oreillers sont en reps rouge uni. Carpette de laine naturelle.

Pour meubler cette chambre légèrement mansardée, rien n’était plus indiqué qu’un mobilier de rotin. Frais, sans prétention, ce matériau de tous les temps se prête à merveille aux lignes souples des meubles modernes. Remarquez la forme bateau du lit placé dans une alcôve, les draperies de percale à dessins verts sur fond blanc qui forment un bien joli décor. Les murs sont peints de deux tons, pour mieux souligner la partie inclinée. Une carpette de coton réchauffe le carrelage du sol.
Triomphe de l’ingéniosité.

La photographie 1 en haut de la page, à droite, vous montre l’aspect d’un coin de pièce dans son état primitif

c’était un débarras. La photographie 2 au dessous, vous offre l’aspect pris exactement sous le même angle, de la même pièce transformée.

Cette transformation si frappante mérite quelques explications qui pourront peut être vous être utiles un jour.

Le but de cet aménagement était de loger, dans l’appartement familial, un jeune homme dont les occupations réclamaient une certaine indépendance. Cette pièce, donnant directement dans l’entrée, apportait déjà une première solution satisfaisante. Restait à résoudre la question coin toilette. Comme vous le verrez à la page 414, on a su ajouter à cette pièce cet indispensable confort.

Les lettres portées sur le plan et sur chacune des photographies vous permettront de suivre aisément le processus des transformations réalisées.

La fausse fenêtre qui donnait sur l’entrée a été murée. Remarquez que la vitre placée dans la partie haute de la porte a été remplacée par un panneau de bois.

La fenêtre qui était diminuée par un placard occupant, à la base, un bon tiers de la surface d’éclairement, a disparu, au bénéfice d’une fenêtre allant du sol au plafond. Les rideaux ont été montés en empiétant de 30 cm de chaque côté sur les murs, de façon à ménager le maximum de lumière.

Primitivement, les murs étaient tapissés d’un papier à motifs marron foncé, du même ton que la peinture des boiseries. Ce papier a été arraché et la pièce est maintenant peinte en gris très clair, presque blanc. Les rideaux et la carpette qui recouvre le sol sont d’un jaune d’or lumineux.