Nous avons vu, dans les exemples précédents, quelle variété préside au décor. Qu’il prenne place dans la chambre, le boudoir ou la salle de bains, ceci est une affaire de commodité ou de convenance, mais partout où il se trouve, il attire immédiatement les regards parce qu’il témoigne, mieux que n’importe quel autre détail, de l’esprit, de l’apparence et des goûts de la femme qui, chaque jour, prend place devant son miroir.

Luxueuse ou simple, drapée de soie ou de mousseline de coton, moderne ou de style, en bois ciré ou en marqueterie, c’est le meuble dont l’arrangement est le plus amusant à composer.

En tout premier lieu, recherchez avec soin son emplacement c’est l’éclairage qui, avant tout, va le fixer. En général, face à la fenêtre, ou légèrement de biais, c’est votre image reflétée dans la glace qui viendra à bout de toutes vos hésitations.

Ne posez en évidence que les jolis bibelots : brosses à dos d’ivoire ou d’écaille, plus modestement d’ébène, les flacons assortis remplis d’eau de toilette ou de parfums aux tons variés, la boîte de poudre. Tout ce qui est filet à cheveux, pinces à mise en plis, coton, tubes, papier à démaquiller, doit disparaître dans les tiroirs.

Veillez à la parfaite ordonnance de vos ustensiles de coquetterie : qu’ils soient toujours bien astiqués et brillants. Que la houppette négligemment secouée ne vienne pas déposer sur l’ensemble un nuage semblable à de la poussière.

Chaque objet doit être utile et justifier sa présence aussi bien que la place qu’il occupe : ce sont vos gestes de chaque jour qui en décideront, selon la répétition et l’usage qui en est fait. Le siège qui accompagne votre coiffeuse doit être choisi avec soin. Avec ou sans dossier, sa forme est tributaire du style de la coiffeuse.

Cette coiffeuse de style, une « poudreuse » (pour employer le terme qui qualifiait ce charmant petit meuble au XVIIIe siècle) est en bois fruitier, de forme rognon: les pieds très fins et galbés lui confèrent une élégance précieuse. Elle est ici un des éléments d’une chambre entièrement composée de meubles de la même époque. Disposée légèrement de biais devant une grande baie ouvrant sur une terrasse, elle bénéficie d’un excellent éclairage.

Toutes les brosses à dos d’écaille se logent dans la cavité centrale, dont le couvercle, relevé, sert de miroir. Les tiroirs sont très utiles pour ranger l’attirail de coquetterie, tandis que des coupelles de cristal, de jolis flacons à bouchons d’écaille ornent le dessus du meuble, formant une harmonie raffinée avec le ton miel du bois.

Importante table à coiffer habillée de satin.

Un bandeau découpé en festons réguliers est fixé aux angles du plateau par de lourds glands de soie. Remarquez la glace, la banquette et le lampadaire ces trois belles pièces apportent chacune un élément utile et composent un ensemble particulièrement réussi. Il est intéressant de noter l’idée d’habiller la table à coiffer placée devant la fenêtre du même tissu que les rideaux. La brosserie est d’argent et les nombreux flacons sont aussi coiffés d’argent. Une glace ancienne, basculante, est posée au centre.

Coiffeuse d’époque Restauration, en bois de citronnier incrusté de bois d’amarante

Ces petits meubles charmants, très recherchés, s’accommodent facilement du voisinage d’éléments différents, mais d’époques rapprochées. Il est vrai que de la fin du règne de Louis XVI à la chute du Second Empire, il ne s’est guère écoulé que 80 ans. Et l’on ne compte pas moins de huit styles dans un laps de temps aussi court.

Révolutionnaire. Directoire. Empire. Restauration, Charles X (avec son amusante subdivision « Duchesse de Berry »). Louis Philippe et Second Empire. Tous ces styles étant plus ou moins apparentés, il est aisé de composer un ensemble variant de la Restauration au Second Empire, sans commettre de faute de goût avec cette réserve que l’accord joue toujours sur la forme, la qualité et le ton du bois.

Il suffit d’un peu d’adresse pour habiller soi-même une simple table de bois blanc. Choisissez de préférence un tissu glacé, chintz ou percale (qui n’accroche pas la poussière et garde toujours une certaine tenue), en harmonie avec le décor général, le coloris des murs et des tentures.

Cette coiffeuse, d’une conception plus simple que le modèle précédent, est recouverte d’une glace sans tain, indispensable pour en assurer la parfaite netteté. Le jupon nage en percale glacée laisse au milieu un espace libre pour loger le pouf rond assorti et à volants.
Une idée originale et très pratique : le grand miroir est placé sur un chevalet, comme le serait un tableau. La tablette destinée à l’attirail du peintre sert à l’attirail de beauté d’une jolie femme. A droite, un coffret dont l’agencement est très habilement étudié. Remarquez les brosses posées sur un plateau de glace, le tiroir pour ranger l’indispensable dont la vue ne saurait être agréable. Ce coffret en acajou clair et bronze doré, posé sur une petite table en forme d’X, prend place à droite du miroir.

Si vous n’avez pas la place d’installer votre coiffeuse dans votre chambre à coucher, parce que l’éclairage n’est pas satisfaisant, ou que l’arrangement même de cette pièce ne s’y prête pas, vous pouvez toujours organiser un coin de coquetterie dans la salle de bains.

Vous ne recherchez qu’une place pour poser l’indispensable? Le dessus d’un élément de rangement peut y suffire. Mais si vous désirez installer une véritable coiffeuse, vous aurez à envisager sérieusement votre projet, la salle de bains comportant les éléments fixes : baignoire, lavabo, etc., avec lesquels vous devez compter.

Petit coin ingénieusement ménagé pour Monsieur dans une série d’éléments de rangement occupant tout un mur de la salle de bains. Il a suffi de supprimer la moitié d’un placard : dans cet espace ainsi récupéré à hauteur d’homme, le fond a été tapissé d’un miroir, le plateau recouvert de plastique : le petit réflecteur orientable permet de diriger la lumière sur un point précis.