Cette pièce était, à l’origine, un studio de photographe, largement éclairé par deux fenêtres côté et, en vis à vis, par une grande verrière se prolongeant sur le plafond. Un écran de canisses tamise la trop grande clarté (les canisses sont une variété de roseaux très répandu dans le Midi).
Le paravent, à gauche, dissimule le four destiné à cuire les pièces de porcelaine, un four qui n’a pas beaucoup plus d’importance qu’un coffre fort. Un grand poêle d’atelier, du type phare, suffit à chauffer cette grande pièce, même par très grand froid.
Reste à décrire le charme de cet aménagement dont la jeune céramiste est l’auteur. Elle a choisi, pour peindre les murs, un gris très doux qui se marie parfaitement au mobilier en jonc de Malacca d’un ton doré.
Trois niches peintes en faux marbre, encadrées d’une baguette blanche, abritent les plus récentes créations de l’artiste. Le paravent d’isorel est peint en trompe l’oeil dans une harmonie d’or et de gris. Remarquez le lampadaire fait d’une gerbe de joncs de Malacca, sur laquelle est perché un perroquet de faïence aux tons vifs qui sert de support à l’abat jour.
Cet ensemble est une réussite, non par le luxe des moyens employés, mais par le goût, l’harmonie des couleurs, le choix des détails et aussi cette pointe de fantaisie qui reflète la personnalité de l’occupante.
Le petit escalier accède directement à l’atelier, pièce de séjour un muret le protège et sert en même temps de meuble d’appui où sont disposés quelques jolis objets, des plantes vertes variées. La grande baie percée dans le mur, à gauche, donne sur la minuscule cuisine équipée avec le maximum de confort. Mais, là encore, le goût personnel remplace le conformisme du tout fait; des vanneries rustiques, de formes et de coloris divers, remplacent les ustensiles habituels plus fonctionnels qu’esthétiques. Un store à lamelles permet d’isoler à volonté les deux pièces.
Le lit, dans la pièce unique, est remplacé souvent par un divan qui, le jour, peut servir de canapé. (Voir chapitre IV.) Mais notre artiste, très peu conventionnelle, a trouvé cette solution trop simple. Au sommier monté sur quatre pieds, elle a préféré cette interprétation du style colonial, qui s’accorde bien avec le grand atelier très clair. Quatre montants de joncs soutiennent un cadre léger, et cette armature est habillée de mousseline paille drapée aux angles.
Une applique électrique est placée à l’intérieur, sur le côté. Cette disposition est la meilleure pour lire dans son lit sans fatiguer les yeux.
Une petite table laquée noire fait office de table de chevet.