L’OSIER
L’osier est le modeste ancêtre de ces ensembles de vannerie, remis au goût du jour par les décorateurs. Le rotin ne vint d’Océanie en France qu’au XVII siècle, où il connut une grande vogue pour le cannage des sièges. Peu à peu, la technique se perfectionnant, il apparut sous des formes nouvelles: enroulé autour de solides baguettes de châtaignier, ou tressé avec de fins réseaux de moelle, il servit à faire des meubles entiers, d’une grande légèreté, appréciés surtout pour la vie en plein air et la maison de campagne.
Plus robustes, le jonc de Manille et le jonc de Malacca fournissent des armatures pour les éléments de mobilier les plus divers non seulement des sièges et des tables, mais des lits, des meubles d’appui, des bars. Par sa solidité, son élégance, l’originalité de ses formes, le rotin a conquis sa place à l’intérieur de la maison, à côté du bois et du fer : il s’accorde à merveille à la gaieté du décor moderne. C’est une formule nouvelle, mais sympathique, agréable en toutes saisons.
Meubles de jardin, ou meubles de salon? Légers, peu encombrants, ils sont facilement transportables, sur la terrasse ou la pelouse, Où ils s’harmonisent au soleil, à la lumière. Aucune matière ne fait plus jeune que le rotin naturel, il a un petit air rustique, sans prétention, qui convient à la maison de campagne.
Laqué noir, il devient plus élégant et répond à toutes les exigences d’un living room moderne et confortable. Choisissez de préférence, pour accompagner les sièges, des coussins en grosse toile aux tons vifs, en accord avec la rusticité de la matière.
Notez l’impression de confort créée par ce salon original, en rotin et jonc de Manille, le dessin amusant du fauteuil, les petites tables formant accotoirs et porte revues. Seule, la table basse est en fer, et cette association de matériaux divers est d’un heureux effet décoratif.
La garniture du canapé, en velours côtelé rouge, s’éclaire de deux coussins noir et blanc. Les paravents tendus de feutrine vert foncé et ornés d’un cloutage doré, for avec le rouge du canapé un contraste chaud, dynamique. Le lampadaire est formé d’un jonc de Manille et le cadre de la glace ronde est en épis de rotin.
LE FER
Le meuble de métal, comme celui d’osier, a conquis sa place dans la maison du jardin, il s’est insinué peu à peu dans le living room. Le fer est devenu l’une des matières préférées des créateurs d’aujourd’hui. D’où vient cette faveur? Elle est due, sans doute, aux tendances nouvelles de l’art décoratif, à la recherche du dépouillement et des lignes graphiques qui s’accordent si bien au dynamisme de la vie actuelle. Pas d’aspérités, de moulures, de pièges à poussière le métal, toujours net, correspond à la simplification des problèmes ménagers. On lui reproche, parfois, un aspect un peu froid. « clinique », qu’il est facile de compenser par l’association de matériaux traditionnels bois, cuir, verre, etc.
Voici un grand living room dans une maison moderne, à la campagne il s’agit d’un rendez vous de chasse. Le caractère de la pièce est affirmé par les murs en moellons apparents et la haute cheminée; la hotte en tôle noire est soulignée de cuivre.
Les sièges, canapé et fauteuils ont une armature métallique en tube laqué noir, renforcée par des sangles de cuir fauve, qui assurent une suspension confortable; les coussins sont recouverts de cuir vert. Table basse en dalle de verre sur piètement de métal. Un tapis de laine à dessins multicolores réchauffe l’ensemble tout en lui conservant son aspect moderne.
Ce coin de salon montre une interprétation différente du meuble de fer : le canapé comporte un dossier et des accotoirs en « cotte de mailles » laquée noir comme l’armature. Il est encadré de deux hautes étagères en métal noir également, tandis que deux petites tables basses sont placées aux angles.
La ligne dépouillée de ces meubles, la sage symétrie de leur disposition risquaient de donner un aspect sec, froid, à l’ensemble. Comment pallier cet inconvénient? En créant une contrepartie dans le décor, afin de rétablir l’équilibre. On a donc recherché des éléments naturels qui apportent la fantaisie de leurs coloris, de leurs formes bizarres : toute une étonnante collection de coquillages, de madrépores, de coraux prend place sur les étagères surmontées de plantes vertes échevelées. Au mur, un grand panneau décoratif établi à la dimension du divan est composé de planches botaniques soulignées d’une baguette de bambou. L’arabesque des fleurs aux tons vifs, l’apparence singulière, tarabiscotée de certains coquillages créent un contraste piquant avec les lignes rigoureuses des meubles le décor s’anime, devient vivant, sans rien perdre de l’élégance stricte recherchée par le créateur.
LE BOIS
Rien de plus vivant, de plus chaud à l’oeil que le bois.
De tout temps, il a été utilisé comme revêtement mural, ainsi qu’en témoignent les boiseries finement sculptées et moulurées qui ornent encore de nombreuses demeures anciennes.
Traité de manières très diverses : massif, plaqué, ou flexible (voir Livre I : les murs), le bois s’adapte à tous les styles d’installation : moderne, classique, citadine ou campagnarde.
En placage collé sur une armature de toile, il est aussi souple qu’une feuille de papier et adhère à toutes les surfaces. La gamme des coloris, qui va du pin très clair à l’acajou foncé, permet d’adapter le cadre d’une pièce aux éléments du décor.
Le bois massif (bois du Nord ou bois exotiques) prête aux murs la richesse naturelle d’une matière aux aspects variés et apporte à une pièce une impression d’intimité, de confort.
Dans ce living room d’une maison de campagne, dont le plafond à poutres accuse le caractère rustique, les murs sont recouverts de planches de sapin ciré et le même parti pris de simplicité se retrouve dans chaque détail de l’ameublement tapis de corde, sièges recouverts de gros piqué de coton blanc, lampes en paille.