Dans un jardin, l’eau apaise son atmosphère et un point d’eau que ce soit une fontaine, un petit filet coulant d’une applique sur un mur ou un simple bassin peut devenir un centre d’intérêt important. Le mouvement naturel de l’eau doublé du jeu de lumière crée des lignes qui changent constamment; et dans les jardins de ville, la musique des fontaines ou des ruisselets va même jusqu’à couvrir les bruits du trafic urbain. Un bassin reflètera le ciel et illuminera une sombre cour, ou pourra éventuellement faire miroiter une statue, un vase, ou un autre trait architectural. En outre, l’eau peut offrir un cadre de vie aux animaux, des insectes aux grenouilles en passant par les oiseaux et, si hérons et chats le permettent, vous pouvez y élever des poissons.

Le lieu et le style de votre pièce d’eau dépendront de nombreux facteurs. Tout d’abord, il faut savoir de façon pratique, comment et où vous pourrez obtenir de l’eau pour votre jardin. Ensuite, vous devez déterminer le type de point d’eau que vous désirez: stagnante ou courante. Si vous avez le choix, encore faut il décider de l’endroit précis, ombragé ou ensoleillé, du futur point d’eau. Le projet doit être conçu en regard de la quantité de lumière disponible : un petit ruisseau dans une grotte paraîtra en effet tout à fait déplacé
sous un soleil éclatant, où on aurait préféré voir un simple bassin agrémenté d’une joyeuse fontaine. Réfléchissez bien à la forme que vous désirez donner à votre point d’eau. Vous ne pouvez pas vous risquer trop avant dans l’originalité en ce qui concerne les terrasses où le tracé demeure essentiellement architectural et par là même rigide et formel. Vous pouvez toutefois créer un bassin de forme irrégulière, avec un choix méticuleux de plantes ou, au contraire, une pièce d’eau strictement géométrique, comportant un jet d’eau central, sans plante. De même, sur un petit édicule, vous pouvez placer une dalle et fabriquer ainsi un minuscule bassin suspendu.

Les jardins de l’Alhambra, en Espagne, sont une source intarissable d’idées en matière de points d’eau. Dans les trois célèbres cours, le spectacle de cette eau est séduisant et fait rêver, même s’il est difficile à reproduire. Dans la cour de la mosquée, un bassin circulaire cannelé, entouré d’un canal octogonal l’inondant est taillé dans le marbre blanc du sol. La cour du bassin est constituée d’un bassin central long et rectangulaire, auquel on a récemment ajouté, de chaque côté, des parterres de myrthe taillé; à chaque bout, on découvre un bassin circulaire soulignant, en son centre, une fontaine pétillante. La cour des Lions, abondamment décorée, entourée de colonnades en triple arche, comporte un bassin en marbre de douze côtés, surplombant douze lions sculpter en guise de jets d’eau.

A moindre échelle, les petits enclos, petites fontaines petits bassins sont également intéressants et faciles à imiter s une terrasse. Les formes et les combinaisons semblent van à l’infini: un bassin plat, sombre et rectangulaire, flanqué deux hémicycles est aménagé avec un barrage et entouré d’une bordure basse; de même, un bassin circulaire dressé en pierre, avec une balustre centrale soutenant elle me un bassin peu profond et, en son centre, une fontaine; ( encore un bassin octogonal débordant, comportant ut colonne soutenant un autre bassin en lotus, avec une fontaine frémissante au milieu, le tout encadré par des buissons de myrthe mis en terre à la volée et des pots de terre cuit Des fontaines murales coulent goutte à goutte dans un réservoir qui déborde en permanence et a ainsi laissé apparaît autour de lui une partie de mousse verte et sombre.

Quels que soient leur forme ou leur style, les bassins les réservoirs devront toujours être alimentés en fonction c leur taille: ils paraissent négligés lorsqu’ils ne sont qu’à mot pleins. Dans un bassin purement ornemental, l’eau doit être profonde peindre l’intérieur en noir suffit à en donne l’illusion. Les poissons, de toutes façons, ont besoin d’ moins vingt centimètres d’eau.

L’entretien des plantes aquatiques peut être difficile. Il est donc préférable de se borner à n’en cultiver que quelques unes. Les lis d’eau annoblissent une pièce formelle tandis que les nénuphars (Orontium aquaticum) et les water soldiers (Stratiotes abides) conviennent mieux à une ambiance sauvage. Vous devrez ajouter quelques plantes oxygénantes, pour éviter la formation d’algues. Essayez la violette d’eau (Hottonia palustris) ou la renoncule d’eau (Ranunculus aquatilis). Il faut les tailler toutes deux en automne pour éviter qu’elles envahissent l’espace, mais elles ne sont toutefois pas aussi envahissantes que le chiendent canadien (Ebodea canadensis) ou l’herbe à canard commune “duckweed” (Lemna minor).

Il existe également beaucoup de plantes qui se développeront dans l’humidité des rebords de bassins. On peut en trouver quelques spécimens sauvages, dans des milieux tourbeux. Parmi eux, le souci d’eau (Caitha Palustris) les iris d’eau tels que l’Iris laevigata et l’iris jaune ( I. pseudacorus), le Pontederia cordata et le Petasites japon icus. Les autres sont des plantes qui évoluent généralement dans des milieux frais et ombragés mais qui, avec de l’humidité, peuvent très bien s’accomoder du soleil. Parmi elles, les brunnera, les liliacées et le lysimaque.