Les surfaces constituent la partie vitale du cadre du jardin, liens et séparations à la fois physiques et esthétiques. Il est judicieux, pour diversifier le jardin et diviser l’espace, d’utiliser des matériaux et des textures variés. Vous pouvez tout à fait, par exemple, paver le pourtour de la maison tout en aménageant un peu plus loin de la pelouse, des allées de gravier et des parterres de fleurs.
Nombre de jardiniers, plus particulièrement en Angleterre, considèrent qu’un jardin sans pelouse n’est pas digne du nom. Une bonne pelouse est certes une surface plaisante qui, physiquement et visuellement, détend et repose; et il est possible d’avoir une bonne pelouse dans un jardin de ville, à condition que la lumière et l’humidité le permettent. Cependant, les jardins de ville ont tendance à demeurer secs et ombragés et si l’on tente de faire pousser du gazon dans ces conditions, le résultat risque d’être décevant. Il est donc préférable d’opter plutôt pour des plantes qui s’accommodent de l’ombre et qui couvrent le sol, comme le lierre, le pachysandra, et les épimédiums mariés au pavage.
Il existe une grande variété de matériaux de pavage, mais quel que soit celui que vous choisirez, il devra être en harmonie, d’une part avec le dessin du jardin, et d’autre part durable et bien posé. La terre cuite, la tuile vitrifiée et le marbre se prêtent plus volontiers aux climats chauds. La brique et la pierre conviennent mieux aux pays plus froids. Les galets, les pavés de granit, les dalles de ciment, les carreaux de tuile, les revêtements boisés peuvent également constituer des solutions. Chaque matériau offrira une atmosphère spécifique, mais un agencement astucieux peut produire un bel effet. Une terrasse, par exemple, peut se composer de deux allées perpendiculaires pavées de pierres qui divisent l’espace en quatre carrés de briques disposées en chevrons. Ou bien vous pouvez organiser deux ou trois parties en dalles solides, liées entre elles par du gros gravier.
Des plantes rampantes sur un pavé peuvent ajouter une touche informelle au tout. Les campanules soeurs Campanula portenschlagiana et C. poscharskyana offriront un délicieux spectacle de bleus profonds tout au long de l’été ou presque; mais attention à leur prolifération facile! Le petit orpin (Sedum âcre) le doux alysson (Lobularia marilima) le thym rampant (Thymus pseudolanuginosus) la camomille (Chamaemelum nobile) et le pavot jaune gallois (Meconopsis cambrica) pousseront en saillie. On peut les fouler au pied sans qu’ils en pâtissent. Mais ils trouvent généralement un lieu où survivre.
Les bords bien tracés soulignent et confèrent de la netteté au dessin du jardin. Les rangées continues de plantes basses et touffues feront une bordure séduisante: le buis (Buxus sempervirens “Suffruticosa”) constitue une orée traditionnelle pour un parterre soigné. Les oeillets de bordure ou les garnitures épineuses du Festua glauca s’accommodent très bien du soleil. Le lierre taillé ou le bergenia à larges feuilles cultivé à l’ombre, seront très cotés. On peut varier toutes ces bordures en introduisant à intervalle régulier, des spécimens plus grands, comme des buissons ou des arbustes à fleurs.
Il existe également plusieurs types de bordures plus solides; choisissez les en fonction de votre jardin. De simples planches de part et d’autre d’une allée empêcheront le gravier (ou du moins une grande partie) de sauter sur les dalles ou les parterres de fleurs. Dans le jardin d’une maison en briques, de solides briques bordant les allées ou la pelouse seront d’une grande efficacité. Dans un jardin de style victorien, la traditionnelle bordure d’argile sera de mise. Des rondins de bois fendus rendront un effet rustique. Des plantes comme l’Alchemilla mollis, qui se répandent sur l’allée, adouciront les bords anguleux.
Les escaliers devront toujours ressortir dans un jardin et être bien intégrés à la conception d’ensemble. Ils doivent être d’un usage facile: une formule utile stipule que la largeur d’une marche additionnée à deux fois sa hauteur doit être égale à 66 centimètres: une hauteur de 10-18 centimètres est plus aisée à monter. Si l’on respecte ces limites, on peut avoir des escaliers étroits et raides qui seront ainsi plus rapides à franchir, ou bien larges et bas, éventuellement égaux à la largeur d’un jardinet, vous incitant ainsi à vous y attarder. On peut les utiliser pour s’y asseoir ou pour y mettre des pots. On peut les border de plantes ou bien accentuer leur présence par un balustrade audacieuse. Une volée de marches peut former le coin d’une petite plate forme; ou encore sa base peut se déployer en un hémicycle concave ou convexe. L’escalier qui mène du jardin à la maison mérite une attention particulière pour être sûr qu’il sera un lien adéquat entre les deux. Et il devra être aussi large que possible, pour vous inciter à monter et à descendre et vous amener à découvrir les délices du jardin.